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Génocide rwandais: les victimes dénoncent un "déni de justice" après des acquittements en appel au TPIR

12/02/2014 03:41 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

L'association des victimes du génocide de 1994 au Rwanda a dénoncé mercredi un "déni de justice", au lendemain de l'acquittement en appel, par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), de deux ex-responsables militaires rwandais.

"Nous sommes consternés (...) c'est un déni de justice", a déclaré à l'AFP le président de l'association officielle des rescapés du génocide Ibuka, Jean-Pierre Dusingizemungu.

"On ne peut pas se reconstruire sans que la justice soit faite", a-t-il ajouté, faisant remarquer que cet acquittement, qui "intervient au moment où le Rwanda prépare la 20e commémoration" du génocide, est "un message qui peut nous décourager".

Le TPIR, créé par l'ONU en novembre 1994 pour juger les responsables du génocide de la minorité tutsi du Rwanda, a acquitté mardi l'ex-chef d'état-major de la gendarmerie rwandaise, le général Augustin Ndindiliyimana, et l'ex-commandant du Bataillon de reconnaissance, une unité d'élite de l'armée, le major François-Xavier Nzuwonemeye.

Le général Ndindiliyimana avait été condamné en première instance en mai 2011 à 11 ans de prison - peine couvrant sa détention préventive - pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

La Chambre d'appel a estimé que l'absence de preuve du contrôle effectif du général Ndindiliyimana sur la gendarmerie, déjà passée sous le contrôle direct de l'état-major de l'armée lorsqu'a éclaté le génocide, le 7 avril 1994, impliquait de l'acquitter.

Le major Nzuwonemeye avait lui écopé de 20 ans pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, pour son implication directe dans les meurtres le 7 avril 1994 du Premier ministre Agathe Uwilingiyimana et de 10 Casques bleus belges chargés de la protéger.

Les juges d'appel ont estimé que sa participation n'avait pas été établie "au-delà de tout doute raisonnable". Ils ont également réduit de 20 à 15 ans la peine d'un troisième accusé.

"Ces hommes ont planifié le massacre de notre population", a renchéri dans le quotidien rwandais New Times le vice-président d'Ibuka, Egide Nkuranga. Et "le TPIR les a, de façon scandaleuse, laissé partir libres", a-t-il dénoncé.

Le génocide au Rwanda a fait, selon l'ONU, environ 800.000 morts, essentiellement au sein de la minorité tutsi, entre début avril et début juillet 1994.

Le TPIR a clos l'ensemble des procès de première instance et doit encore juger une quinzaine de dossiers en appel avant de fermer théoriquement fin 2014. D'autres procès sont en cours au Rwanda et à l'étranger.

sa-aud/ayv/de

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