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Espagne: le bilan s'alourdit à onze immigrants tués le 6 février près de Ceuta

12/02/2014 12:44 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

La police espagnole a découvert mercredi un nouveau cadavre sur la plage de Ceuta, alourdissant à 11 morts le bilan des immigrants noyés alors qu'ils tentaient de rejoindre l'enclave espagnole depuis le Maroc le 6 février, ont annoncé les autorités.

"Le corps a été découvert cet après-midi, après avoir été porté jusqu'à la plage par les courants", a indiqué un porte-parole de la préfecture de Ceuta.

La victime, un Africain âgé de 20 à 30 ans, faisait partie du groupe de plusieurs centaines d'immigrants qui s'étaient approchés jeudi à l'aube du poste-frontière de Tarajal, séparant le Maroc de l'enclave espagnole, a-t-il ajouté.

Ne parvenant pas à donner l'assaut contre le grillage à cet endroit, les clandestins avaient gagné la plage voisine et tenté de contourner l'épi qui sépare les deux pays en s'avançant dans la mer.

Depuis, la polémique agite l'Espagne, alimentée par les témoignages de migrants, diffusés par des médias et des associations de défense des droits de l'homme, affirmant que la police a tiré des balles en caoutchouc dans l'eau en direction de ceux qui nageaient.

Le directeur général de la Garde civile, Arsenio Fernandez de Mesa, a défendu ses agents mercredi, affirmant que tous ceux ayant "insulté, calomnié ou même proféré de fausses accusations sur les évènements de ces derniers jours" seraient poursuivis en justice.

"Je leur ai demandé de continuer à maintenir la loi et l'ordre, de contenir les assauts de personnes manipulées par les mafias qui tentent de vaincre l'État de droit et de garantir la sécurité sur le territoire national", a-t-il déclaré à la presse après une rencontre avec des gardes civils à Ceuta.

Sous le feu de l'opposition, le ministre de l'Intérieur, Jorge Fernandez Diaz, s'adressera jeudi aux députés pour donner des explications.

Les corps de huit hommes et d'une femme avaient été retrouvés dès jeudi dernier sur une plage marocaine près de Ceuta. La police espagnole avait retrouvé le corps d'un autre homme sur le rivage de Ceuta, samedi.

Le gouvernement a justifié l'utilisation de balles en caoutchouc pour repousser l'assaut, expliquant que la police n'avait "jamais" tiré "contre les personnes".

Les enclaves de Ceuta et Melilla constituent les seules portes d'entrée terrestres vers l'Europe pour l'immigration clandestine venue d'Afrique noire et du Maghreb.

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