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Egypte: un tribunal acquitte un policier du meurtre de manifestants en 2011

12/02/2014 11:53 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Un tribunal égyptien a acquitté en appel mercredi un policier accusé d'avoir tué des manifestants lors du soulèvement de 2011 qui a renversé Hosni Moubarak, entraînant des critiques contre le système judiciaire accusé d'appliquer deux poids-deux mesures.

Ce verdict intervient au moment où les autorités de transition mises en place par l'armée mènent une répression féroce contre les partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi, emprisonnant nombre d'entre eux. Elles ont traduit en justice M. Morsi lui même, élu démocratiquement dans la foulée de la révolte de 2011 avant d'être évincé par l'armée en juillet.

Mohamed Ibrahim Abdel Moneim, connu sous le nom de "Mohamed el-Sunni", avait initialement été condamné à mort par contumace pour ces meurtres de manifestants, mais il s'était rendu et avait été rejugé.

Lors de ce nouveau procès, il avait été condamné à cinq ans de prison mais il avait fait appel du verdict, ont indiqué des sources judiciaires.

Il était accusé d'avoir participé au meurtre de 18 manifestants le 28 janvier 2011, lorsque des milliers de personnes avaient attaqué et incendié des installations de la police, entraînant un retrait des forces honnies du ministère de l'Intérieur hors des rues.

Cette journée, baptisée "Jour de la colère", est considérée comme le tournant de la révolte contre l'ex-président Hosni Moubarak.

Les attendus de la Cour n'étaient pas disponibles pour expliquer sa décision.

Le dirigeant du Réseau arabe pour les droits de l'Homme, Gamal Eid, a dénoncé une justice qu'il considère comme ayant deux poids et deux mesures.

"La grande majorité des officiers de police accusés d'avoir tué des manifestants ont été acquittés, tandis que des jeunes sont désormais arrêtés pour avoir manifesté ou fait le signe de Rabaa", a-t-il déclaré à l'AFP, en référence au signe de ralliement des sympathisants islamistes, qui consiste en un quatre doigts levés.

Depuis l'éviction de M. Morsi, les autorités ont arrêté des milliers de personnes dans les rangs des islamistes et la répression a fait plus de 1.400 morts selon Amnesty International.

Le gouvernement a également interdit en novembre toute manifestation n'ayant pas obtenu au préalable l'accord de la police.

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