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"Diplomatie": duel au sommet Choltitz-Nordling pour la survie de Paris

12/02/2014 05:03 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

Dans "Diplomatie", présenté à la 64e Berlinale, le réalisateur allemand Volker Schlöndorff fait vivre avec intensité un duel imaginaire, l'espace d'une nuit d'août 1944, entre le Général allemand von Choltitz et le consul suédois Nordling, dont l'enjeu est la destruction de Paris.

Une scène fictive, comme le dit Schlöndorff, Palme d'or à Cannes 1979 et Oscar 1980 pour "Le tambour": "la rencontre telle qu'elle est mise en scène, n'a pas eu lieu. Toutefois Nordling et Choltitz se sont rencontrés plusieurs fois quelques jours avant le 24 août" pour négocier un échange de prisonniers et une trêve.

"La part de fiction est considérable dans le film" dit-il encore mais "ce qui est sûr et que Cyril Gély (l'auteur de la pièce éponyme et scénariste du film) a utilisé comme point de départ: les deux hommes se connaissaient et ont parlé du sort de la ville de Paris".

L'action se situe dans la nuit du 24 au 25 novembre à l'hôtel Meurice où est installé le gouverneur de Paris, le général Dietrich von Choltitz.

C'est à lui que Hitler a donné l'ordre -- bien réel -- de détruire Paris avant l'arrivée des Alliés et de la 2e DB en particulier.

Issu d'une longue lignée de militaires prussiens, le général n'a pas d'état d'âmes pour faire miner les ponts de Paris, la tour Eiffel, Notre-Dame, l'Assemblée nationale etc.

C'est cela qu'a en tête Raoul Nordling quand il entre par un escalier secret dans la suite du général. Ainsi que le bombardement de Varsovie, peu avant.

Après le théâtre, André Dussolier, dans le rôle du consul suédois, et Niels Arestrup, dans celui du général allemand, se glissent de nouveau dans les habits de ces deux personnages historiques qui "représentent chacun leur nation et leur peuple", résume le comédien André Dussolier. Deux hommes "qui vont délibérément outrepasser leurs prérogatives", ajoute-t-il.

Car avant, Choltitz "ne s'est jamais posé la question de l'insoumission", souligne de son côté Niels Arstrup.

Le général et le consul se jaugent en permanence dans un jeu de chat et de souris, dans la manière de se déplacer dans la pièce, dans le choix des mots.

Les arguments s'enchaînent, vrais ou mensongers. L'humour ou l'ironie sont des ponctuations. Les moments de fulgurance laissent la place de temps à autres à des silences tout aussi éloquents.

Comme dans une partie d'échecs ou un "combat de boxe en cinq ou six rounds", dit encore le réalisateur de 74 ans qui a fait toutes ses études à Paris, débuté sa carrière en France aux côtés d'Alain Resnais, Jean-Pierre Melville et Louis Malle, avant de retourner en Allemagne où il est devenu un des chefs de file du nouveau cinéma allemand des années 1960-70.

"Si par malheur Paris avait été rasé, je vois mal comment le couple franco-allemand aurait pu émerger et au-delà comment l'Europe aurait pu s'en remettre", relève le cinéaste.

La capitale française est bien sûr le troisième personnage central du film, plus présent dans les paroles qu'à l'image. La silhouette de Paris apparaît le plus souvent par touches, éclairé différemment selon l'heure de la journée, par la fenêtre de la suite du général, avant de découvrir par un plan panoramique une capitale triomphante.

"Diplomatie", en salles le 5 mars en France et le 12 en Belgique, succède à "La mer à l'aube", présenté l'an dernier à la Berlinale par Schlöndorff et qui racontait le destin du jeune résistant Guy Moquet.

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