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Demande de retrait de Québec de la subvention à l'emploi: Ottawa n'exclut rien

12/02/2014 04:12 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Ottawa ne ferme pas la porte à la demande de Québec de se retirer avec compensation de la Subvention canadienne à l'emploi, a déclaré mercredi le ministre de l'Emploi, Jason Kenney.

Le ministre a adouci le ton, au lendemain d'un budget fédéral qui adoptait la ligne dure en précisant que la subvention pour la formation de la main-d'oeuvre serait en place le 1er avril, avec ou sans l'accord des provinces.

M. Kenney a répété que le fédéral veut continuer à négocier pour trouver un terrain d'entente avec toutes les provinces. Mais il a refusé de mener «les négociations publiquement».

En ce qui concerne Québec, M. Kenney a précisé que la province avait clairement exprimé sa préférence pour le droit de retrait.

«Je n'ai pas exclu certaines possibilités», a dit le ministre Kenney, lorsque questionné à ce sujet.

«Mais on continue les discussions», a-t-il ajouté.

La veille, le ministre des Finances, Jim Flaherty, avait clairement exprimé son impatience envers les provinces qui recevaient de l'argent d'Ottawa pour la formation de la main-d'oeuvre sans obtenir de résultats satisfaisants.

Et mercredi, il en a rajouté en disant que puisque l'argent pour le programme de formation de la main-d'oeuvre vient des poches du fédéral, il peut bien décider de ce qu'il en fait.

Plus diplomate, Jason Kenney a précisé que cela voulait dire qu'Ottawa pouvait «exprimer des préférences» puisqu'il verse les fonds.

«Québec a un bon modèle», a admis mercredi M. Kenney au sujet de la formation provinciale, ajoutant que ce modèle «est plus près des résultats que nous voulons avec une participation des employeurs».

Il ne croit pas que d'avoir imposé une date butoir à la fin des négociations va envenimer les pourparlers avec Québec. Les ententes devaient être renouvelées de toute façon, a-t-il dit.

Québec dénonce depuis le budget de l'an dernier le programme fédéral, qu'il considère être une ingérence dans sa juridiction.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, croit que l'ultimatum va nuire à de réelles négociations.

«C'est écrit noir sur blanc qu'au 1er avril c'est terminé. Alors il (Jason Kenney) peut bien dire une chose et son contraire dans deux phrases, mais le budget dit bien ce qu'il dit, que le fédéral est en train de s'immiscer dans un domaine de compétence exclusive des provinces et qu'ils vont aller de l'avant», a-t-il dit.

«C'est de la folie furieuse», a ajouté M. Mulcair.

Le NPD a une position claire à ce sujet, a-t-il rappelé: lorsqu'il y a une dépense fédérale dans un domaine de compétence exclusive des provinces, un droit de retrait est possible, avec une pleine compensation, et sans conditions. «C'est ce que le NPD ferait», a-t-il dit.

Pour le Parti libéral, le retrait d'une province d'un tel programme fédéral devrait être le «dernier recours».

Le gouvernement Harper doit travailler avec les gouvernements provinciaux, qui sont mieux placés pour livrer ces services, croit le chef Justin Trudeau. Si cela avait été fait, le fédéral ne se trouverait pas dans un tel pétrin avec les provinces.

L'ouverture du ministre Kenney est accueillie avec un certain scepticisme par le Bloc québécois.

«S'il démontre de l'ouverture, le ministre Kenney doit d'abord et avant tout retirer l'ultimatum qui est écrit noir sur blanc du 1er avril, parce qu'on ne négocie pas avec un ultimatum de cette manière-là», a fait savoir le député bloquiste Jean-François Fortin.

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