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Cinq personnes abattues, dont un enfant et un moine, dans le sud insurrectionnel de la Thaïlande

12/02/2014 11:51 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Cinq personnes, dont un enfant et un moine bouddhiste, ont été abattues dans le sud de la Thaïlande, dans une apparente revanche de la rébellion séparatiste après la mort de trois enfants musulmans, a indiqué la police jeudi.

Quatre hommes à moto ont ouvert le feu jeudi matin sur le moine alors qu'il recueillait des aumônes dans la province de Pattani, a annoncé la police.

Outre le moine, trois villageois, dont un petit garçon de neuf ans, ont trouvé la mort, a précisé la police.

Six autres personnes ont été blessées, dont un policier assurant la sécurité du moine, dans cette région où moines bouddhistes et enseignants sont sous escorte, de crainte des attaques de la rébellion.

De plus, mercredi soir, dans la région de Pattani, une bouddhiste de 29 ans a été abattue alors qu'elle rentrait de son travail à cyclomoteur.

Son corps a été incendié et une note laissée sur place et adressée "au chef de l'armée" disait: "Ce n'est pas le dernier corps pour les trois frères" de trois, cinq et neuf ans abattus dans la province voisine de Narathiwat alors qu'ils rentraient de la mosquée la semaine dernière.

Lundi déjà, la femme d'un policier avait été abattue et son corps incendié sur un marché de la région de Pattani, dans un précédent acte présumé de représailles, une note évoquant la mort des trois frères ayant été déposée.

Ces événements font craindre une spirale de représailles entre musulmans et bouddhistes dans cette région majoritairement musulmane rattachée à la Malaisie jusqu'au début du XXe siècle.

Plus de 5.900 personnes, en majorité des civils, ont été tués depuis le début en 2004 de la rébellion séparatiste. Les insurgés musulmans se rebellent contre ce qu'ils vivent comme une discrimination contre la population d'ethnie malaise et de religion musulmane dans un pays essentiellement bouddhiste.

Les négociations de paix qui ont débuté il y a près d'un an entre des rebelles -- notamment du Barisan Revolusi Nasional (BRN, Front national révolutionnaire)-- et les autorités thaïlandaises sont au plus bas, et la crise politique qui dure depuis trois mois a encore un peu plus compromis ces discussions qui n'ont pas fait reculer les violences.

ask-dr/dth/jr

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