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Budget fédéral : Marois dénonce le gouvernement « prédateur »

12/02/2014 11:08 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

La première ministre Pauline Marois est « outrée » par le budget fédéral, mais le ministre des Finances, Jim Flaherty, n'en a cure.

Mme Marois s'est s'insurgée mercredi contre la ferme intention du gouvernement Harper d'aller de l'avant avec la Subvention canadienne à l'emploi, aux dépens des programmes québécois de formation de la main-d'œuvre.

Comme son ministre des Finances Nicolas Marceau, la veille, Mme Marois a accusé le gouvernement Harper d'agir « comme un vrai prédateur » à l'égard des compétences des provinces.

« Je suis outrée de ce qu'il y a dans le budget fédéral. Ils sont entêtés comme ce n'est pas possible, ils font payer le prix aux Québécois », a pesté la première ministre en point de presse au lendemain du dépôt du budget.

La députée de Charlevoix reproche au fédéral de dilapider des ressources pour des mesures de formation alors que le Québec exerce déjà cette responsabilité et tient à conserver la gestion de ses programmes.

Flaherty ne bronche pas 

Informé de la réaction indignée de Mme Marois, le ministre Flaherty lui a signifié sans trop de ménagement de se mêler de ce qui la regarde.

« L'argent investi dans la formation de la main-d'œuvre, ce n'est pas de l'argent qui vient de l'impôt des provinces, c'est de l'argent qui vient de l'impôt fédéral. Ce n'est pas à un gouvernement provincial de dire comment dépenser l'argent qui vient de l'impôt fédéral », a répliqué sèchement le ministre.

Plus encore, le gouvernement fédéral croit être en mesure de faire mieux que les provinces, y compris le Québec, pour former adéquatement la main-d'œuvre.

« Nous avons versé des milliards de dollars - pas des millions, des milliards - aux provinces pour qu'elles parviennent à former la main-d'œuvre pour les emplois. Certaines provinces ne nous rendent même pas de comptes, nous ne savons même pas ce qu'elles font avec l'argent. Alors on va faire mieux, on aura des résultats », a-t-il tranché.

Le gouvernement conservateur a prévenu qu'il fera cavalier seul avec la Subvention canadienne pour l'emploi à compter du 1er avril, s'il ne parvient pas à s'entendre avec les provinces sur le transfert des fonds fédéraux en formation.

Mme Marois a mis en doute la bonne foi du lieutenant québécois du premier ministre Stephen Harper, Denis Lebel, lorsqu'il assure vouloir s'entendre avec les provinces.

Loin de vouloir négocier, le ministre Lebel veut imposer la vision fédérale, a fulminé Mme Marois.

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