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Algérie: un ancien responsable militaire appelle Bouteflika à partir "dignement"

12/02/2014 09:59 EST | Actualisé 14/04/2014 05:12 EDT

Un ancien haut responsable militaire en Algérie, le général à la retraite Hocine Benhadid, a appelé le président Abdelaziz Bouteflika à partir "dignement" sans briguer de 4e mandat, dans un entretien publié mercredi par la presse.

"Voilà ce que je demande au président Bouteflika: il est venu avec le slogan (...) "fierté et dignité", alors qu'il se retire avec (ce) slogan (...), dignement et laisse l'Algérie reprendre son souffle", déclare M. Benhadid, ancien patron d'une des régions militaires, dans un entretien avec les quotidiens francophone El-Watan et arabophone El-Khabar.

Le président, affaibli des suites d'au moins un AVC, a été hospitalisé 80 jours l'année dernière à Paris. Appelé par ses proches et des chefs de partis à se représenter, M. Bouteflika, 76 ans, a jusqu'au 4 mars minuit pour briguer un 4e mandat après 15 ans de pouvoir.

Pour M. Benhadid, qui dit s'exprimer au nom de plusieurs collègues, cette personne "malade" et "otage de son entourage (...) ne peut garantir la stabilité" du pays.

Il s'en prend particulièrement au frère du président, Saïd Bouteflika, "premier et principal acteur" du clan présidentiel, ainsi qu'à un de ses membres, le vice-ministre de la Défense et chef d'état-major le général Ahmed Gaïd Salah.

"Le chef d'état-major n'a aucune crédibilité et personne ne le porte dans son coeur", assène-t-il.

Le général Benhadid accuse ce clan "de jouer avec le destin de l'Algérie" afin de "sauver sa peau car la corruption a atteint des niveaux dangereux".

Démissionnaire en 1996 en pleine guerre civile, M. Benhadid juge ce clan coupable de "trahison" pour s'en être pris, via le secrétaire général du parti présidentiel Front de Libération nationale (FLN) Amar Saïdani, au tout puissant chef du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), le général Mohamed Toufik Mediene.

Le général "Toufik", ainsi surnommé, a diligenté des enquêtes approfondies sur la corruption et la presse regorge d'affirmations sur des centaines de dossiers en sa possession incriminant le cercle présidentiel.

Partisan d'un 4e mandat pour M. Bouteflika, M. Saïdani avait appelé "Toufik" à démissionner pour avoir failli à sa mission sécuritaire, une première en Algérie.

"Le DRS est une institution militaire et l'armée est l'ultime protecteur du pays. Si on porte atteinte à l'armée, le pays est en danger, donc c'est une trahison", estime M. Benhadid.

Mardi, le président Bouteflika avait dénoncé des "tentatives de porter atteinte à l'unité de l'armée", dans un message adressé à la nation après le crash meurtrier d'un avion militaire.

bmk/vl

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