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USA: le Naproxène aussi risqué pour le coeur que les autres anti-inflammatoires

11/02/2014 03:56 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

Un comité d'experts de l'Agence américaine des médicaments (FDA) a estimé mardi que le médicament Naproxène (Aleve), du laboratoire allemand Bayer, ne présente pas moins de risques cardiovasculaires que les autres anti-inflammatoires non-stéroïdiens.

Par 16 votes contre neuf, ce comité consultatif a rejeté les résultats d'une analyse de plus de 700 études ayant porté au total sur quelque 350.000 patients, effectuée par des chercheurs de l'Université d'Oxford en Grande-Bretagne. Celle-ci suggérait que le Naproxène présentait nettement moins de risques de crise cardiaque et d'accident vasculaire cérébral que les autres anti-douleur de la même catégorie, comme l'Ibuprofène (Advil) ou le Celebrex.

Ces experts ont également recommandé que la FDA (Food and Drug Administration) ne modifie pas la notice figurant sur ce médicament.

La FDA n'est pas tenue de suivre ces recommandations mais les adopte le plus souvent, ce qui dans ce cas affecterait la poursuite d'une étude clinique en cours appelée "Precision", comparant le Naproxène à l'Ibuprofène et au Celebrex, du laboratoire américain Pfizer.

Ce groupe d'experts a également recommandé par 14 votes contre 11 que le label sur ces anti-inflammatoires vendus sans ordonnance, comme Aleve, Motrin et Advil, clarifie le risque cardio-vasculaire qui existe même si le traitement est de courte durée. Ils se sont appuyés sur de nouvelles données provenant de plusieurs études faites depuis 2005.

Le label actuel indique que le risque cardiovasculaire n'"est pas substantiel pour des traitements de courte durée", de quelques jours et aux doses les plus faibles possibles.

Mais des études épidémiologiques menées depuis 2005 suggèrent qu'il n'y a pas de période sans risque, indique un document de la FDA soumis à ces experts.

Ces anti-douleurs sont utilisés par des millions d'Américains pour traiter l'arthrite, des douleurs musculaires ou des maux de têtes.

Le marché de ces antidouleurs sans ordonnance a engendré 1,7 milliard de dollars de ventes en 2013 aux Etats-Unis, selon des statistiques de la profession.

Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens vendus avec une ordonnance médicale qui sont plus fortement dosés, comme le Celebrex, ont pour leur part représenté près de trois milliards de ventes annuelles.

Le public et la communauté médicale avaient pris conscience du danger potentiel de ces anti-inflammatoires avec le choc provoqué par le retrait du marché du Vioxx en 2004, un médicament vedette du laboratoire américain Merck responsable de nombreuses crises cardiaques.

A la suite de cette affaire, la FDA avait imposé de fortes mises en garde sur les ordonnances de tous ces anti-inflammatoires, ouvrant ainsi une nouvelle ère de sûreté des médicaments aux Etats-Unis.

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