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USA: le ministre de la Justice veut rétablir le droit de vote des ex-détenus

11/02/2014 11:44 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

Le ministre américain de la Justice Eric Holder a plaidé mardi pour le rétablissement des droits civiques des anciens prisonniers, qui après avoir purgé leur peine, devraient pouvoir voter pour se réinsérer pleinement dans la société.

"A travers le pays, il y a aujourd'hui 5,8 millions d'Américains frappés par une interdiction de voter en raison de leur condamnation passée ou actuelle. C'est plus que la population de 31 Etats américains", a déclaré le ministre devant l'Ecole de droit de l'Université de Georgetown.

"Il est temps de repenser fondamentalement nos lois qui privent de leurs droits des personnes qui ne sont plus sous contrôle judiciaire du gouvernement fédéral ou des Etats", a exhorté M. Holder.

"Ces restrictions ne sont pas seulement inutiles et injustes, elles sont aussi contre-productives. En perpétuant les stigmates et l'isolement imposés aux anciens prisonniers, ces lois augmentent la probabilité qu'ils commettent de nouveaux crimes. Elles mettent en péril le processus de réinsertion, ainsi que nos principes de responsabilité et de réintégration qui guident nos politiques de justice pénale", a-t-il estimé.

M. Holder, qui a annoncé fin août une vaste réforme du système de la justice pénale américaine, a appelé les élus du Congrès non seulement à "réexaminer ces lois mais aussi à les abroger", car elles sont "profondément dépassées", "enracinées dans une conception de la justice vieille de plusieurs siècles" et "trop souvent fondées sur l'exclusion, la haine et la peur".

"L'impact de cette incapacité électorale (à la sortie de prison) sur les communautés de gens de couleur reste disproportionné et inacceptable", a fustigé le premier ministre américain de la Justice noir, soulignant que 2,2 millions d'Afro-Américains --soit près d'un adulte noir sur 13-- sont ainsi privés de leur droit de vote aux Etats-Unis.

En août dernier, le ministre a annoncé une vaste réforme du système judiciaire pour "rester stricts" mais "plus intelligents" face à la criminalité, en proposant de "repenser de fond en comble la notion des peines plancher dans les affaires de drogue", les peines minimales sévères auxquelles des délinquants non violents sont obligatoirement condamnés en vertu de la loi.

Le président Barack Obama a d'ores et déjà commué fin décembre les peines de huit condamnés pour trafic de drogue, pour compenser les effets de règles punissant davantage les possesseurs de crack que ceux de cocaïne.

chv/sam

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