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Un suspect de terrorisme en Ontario a appuyé le jihad violent, dit le procureur

11/02/2014 02:02 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Des avocats fédéraux ont plaidé mardi que le pathologiste Khurram Syed Sher, de London, en Ontario, avait joint un groupe qui appuyait une guerre sainte menée par tous les moyens possibles — même violents.

Khurram Syed Sher, âgé de 31 ans, subit un procès devant juge seul en Cour supérieure de l'Ontario. Il a plaidé non coupable à une accusation de complot en vue de faciliter un acte terroriste.

Le procureur de la Couronne Jason Wakely a soutenu que Sher avait convenu avec deux autres personnes de recueillir de l'argent, de suivre des formations paramilitaires, de fabriquer et d'utiliser des explosifs, et de repérer des cibles potentielles au Canada.

M. Wakely a cité des éléments de preuve concernant le complot allégué rassemblés par l'entremise d'écoutes téléphoniques et d'interception de courriels.

Le procureur a fait jouer des enregistrements audios d'un entretien du 20 juillet 2010, dans lesquels les trois hommes discutent de divers projets, dont l'intention alléguée de Sher d'organiser des formations tactiques par l'entremise d'un homme qu'il a rencontré au Pakistan et qui prétend oeuvrer avec les talibans.

«Sher a dit avoir demandé à cet homme d'organiser une formation pour lui», a dit M. Wakely devant le tribunal.

Il a transféré de l'argent à cet homme en 2009 et 2010, et le seul fait qu'il puisse envoyer de l'argent à une telle personne traduit son état d'esprit durant cette période, a ajouté le procureur.

M. Wakely a aussi plaidé que le résidant de London avait fourni 1000 $ en soutien à des combattants à l'étranger avant son arrestation en août 2010.

Selon les policiers, le complot en question avait des ramifications d'Ottawa à l'Afghanistan en passant par Dubaï, l'Iran et le Pakistan.

Khurram Syed Sher a été diplômé de l'Université McGill à Montréal; et a habité à Brossard. Il était pathologiste à l'hôpital général St.Thomas Elgin, à St.Thomas, au sud de London, en Ontario.

Il a fait les manchettes à travers le monde après son arrestation, lorsqu'on s'est aperçu qu'il avait déjà tenté sa chance en audition pour l'émission de talents amateurs «Canadian Idol», à la télévision.

Il a été remis en libération sous de strictes conditions après son arrestation en 2010.

M. Wakely a affirmé qu'à un certain moment de l'enquête, la police est entrée dans la résidence de l'un des présumés co-conspirateurs de Khurram Syed Sher et a saisi 56 cartes de circuits imprimés qui pouvaient être destinées à «une seule chose» — construire des appareils télécommandés pour déclencher des explosifs.

La police a remplacé les circuits imprimés par des répliques identiques non fonctionnelles dans le cadre de l'opération secrète, a-t-il ajouté.

Une ordonnance de non publication empêche la divulgation de certains aspects de l'affaire.

Lors de plaidoiries initiales, lundi, un avocat de Sher, Giuseppe Cipriano, a avancé des questions préliminaires de droit sur la nature du complot en lien avec l'acte d'accusation.

En fait, la défense cherchait à obtenir davantage de renseignements à propos de l'accusation.

Le juge Charles Hackland a rejeté la requête, mardi, affirmant que la Couronne n'avait aucune obligation de préciser le complot allégué à cette étape des procédures.

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