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Un retour vers l'équilibre trop cher payé au goût de plusieurs

11/02/2014 05:54 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

Plusieurs groupes dénoncent les priorités du gouvernement fédéral qui a déposé mardi son budget, affirmant que le prix à payer pour le retour à l'équilibre budgétaire, prévu pour 2015, est trop cher.

« Lamentable ». C'est le mot que choisit Larry Rousseau, vice-président de l'Alliance de la fonction publique du Canada, pour décrire la mesure du budget visant à hausser la contribution des fonctionnaires à la retraite pour leur permettre de bénéficier du régime de santé. Selon lui, avec cette mesure, le gouvernement tente de récupérer de l'argent auprès des plus démunis.

M. Rousseau ne croit pas que le gouvernement est forcé de faire ces choix pour équilibrer les finances du Canada. « Je pense que nous avons l'argent. On aurait pu aller chercher d'autres revenus, par exemple, de la part des grosses compagnies qui ont fait quand même 100 milliards de profit en 2012 », dit-il.

D'autres syndicats critiquent également le budget. La CSN parle de « micromesures » et d'un budget qui « attaque le Québec » en imposant le fait qu'il doit y avoir une entente avant le 1er avril à propos de la question de la formation de la main-d'oeuvre. Le ministre Flaherty a en effet annoncé que les provinces qui ne se seront pas entendues avec Ottawa à ce sujet verront l'argent être versé directement à Service Canada, et les entreprises pourront alors s'en prévaloir.

Du côté d'Unifor, qui regroupe les deux grands syndicats canadiens que sont les Travailleurs canadiens de l'automobile et le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, on salue la décision du gouvernement de bonifier l'investissement dans le Fonds d'innovation pour le secteur automobile. Mais le président d'Unifor, Jerry Dias, croit aussi « qu'avec plus de 390 000 jeunes chômeurs, un petit fonds de prêts et une poignée de formations ne sont pas suffisants ».

Les étudiants s'attaquent aussi au budget. La Fédération canadienne des étudiants déplore que le budget fédéral « ne propose aucune dépense pour alléger la dette des étudiants de 15 milliards de dollars portée par les familles canadiennes, malgré les préoccupations du public concernant la baisse de façon constante de l'accessibilité de l'éducation postsecondaire ».

L'Institut de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) est aussi de ceux qui constestent les choix d'Ottawa.

L'IRIS dénonce aussi un manque de vision écologique de la part du gouvernement. « Les nouveaux investissements, relativement peu nombreux, montrent quelles sont les priorités du gouvernement fédéral. Le plus gros investissement, 250 millions de dollars, sera dans l'industrie automobile. La centrale nucléaire de Chalk River connaîtra également un investissement important de 114 millions cette année. Ces deux investissements vont à contresens de la nécessaire transition écologique dont l'économie canadienne aurait besoin », estime Simon Tremblay-Pepin, chercheur à l'IRIS.

Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) se dit quant à lui outré par le fait que le gouvernement n'ait pas annoncé la prolongation des subventions qu'il verse à 586 000 logements sociaux existants au Canada, dont 126 000 au Québec.

« Le ministre Flaherty vient carrément de laisser tomber 14 000 logements sociaux qui seront privés, dès 2014, de ce financement permettant d'offrir des logements à bas loyer à des locataires à très faible revenu », dit le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant. Selon lui, « des locataires vivant en coopérative d'habitation et dans une autre forme de logement sans but lucratif verront, dans les prochains mois, leur loyer doubler ou même tripler ».

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