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"Praia do futuro", film sensible à la Berlinale sur le courage de tout recommencer

11/02/2014 11:48 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

Avoir le courage de tout recommencer à zéro en changeant de pays est le thème central de "Praia do futuro", film sensible de Karim Ainouz, présenté mardi en compétition à la 64e Berlinale et tourné entre le Brésil et l'Allemagne.

Praia do futuro est le nom d'une immense plage près de Fortaleza, ville natale du réalisateur, où Donato (Wagner Moura) est sauveteur.

Un jour, il ne parvient pas à sauver de la noyade un motard allemand. Son copain Konrad (Clemens Schick) est hospitalisé. Donato va le voir. Les deux hommes tombent amoureux.

Konrad doit repartir chez lui à Berlin et Donato le suit, fuyant le drame qui vient de se dérouler et délaissant sa famille.

Changement de décor, de couleurs et de lumières. Les bleus saturés du ciel brésilien laissent la place au gris allemand. Les plages écrasées de soleil deviennent des rues asphaltées et les tee-shirts se cachent sous des pulls et des blousons bien chauds.

"On voulait trouver des personnages sans peur, des jeunes prêts à découvrir des paysages peu accueillants", a déclaré aux journalistes Karim Ainouz. "Et quand on parle du courage, on parle du coup aussi de la peur", ajoute-t-il.

Pour le comédien Wagner Moura, "l'homosexualité n'est pas le sujet principal du film, pas même l'histoire d'amour. Il s'agit plutôt de l'influence qu'un nouvel environnement peut avoir sur votre personnalité, comment il peut la façonner".

"C'est vrai que le sentiment d'être déplacé, de ne pas être dans son élément est un thème fort du film au delà de l'immigration", a enchaîné le cinéaste qui ne développe aucune thèse politique, contrairement à ce que faisait un de ses cinéastes favoris, Rainer Werner Fassbinder, comme dans "Tous les autres s'appellent Ali".

"Il s'agit plutôt ici d'une question existentielle. Après la tragédie, Donato vient à Berlin et s'y installe pour en quelque sorte refouler le passé", poursuit-il.

Un choix complètement étonnant car l'ex-sauveteur a d'abord voulu rentrer, affirmant à Konrad qu'il ne pouvait vivre dans une ville qui n'est pas au bord de la mer et sans sa famille.

Le passé va refaire surface et, bien sûr, lui exploser à la figure.

Le film de Karim Ainouz, dont le premier long métrage a été présenté à Cannes dans la section Un certain regard en 2002, figure parmi les vingt films en compétition pour l'Ours d'or. Le palmarès sera dévoilé samedi.

da/elr/bir

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