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Le pdg de la Banque Nationale se montre plus optimiste que Jacques Parizeau

11/02/2014 04:36 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le président et chef de la direction de la Banque Nationale, Louis Vachon, partage le constat de Jacques Parizeau et de l'École des Hautes études commerciales sur les difficultés de l'économie québécoise mais se dit beaucoup plus optimiste que l'ancien premier ministre.

M. Vachon, qui a lancé un appel au soutien de l'entrepreneuriat devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, mardi, estime qu'il s'agit là d'une des pistes de sortie les plus prometteuses pour ce qu'il qualifie de «défis économiques du Québec».

«Les finances publiques, la démographie et tout le défi qui est décrit par M. Parizeau et les autres est exact, mais il y des solutions à cela», a précisé M. Vachon en entrevue avec La Presse Canadienne à l'issue de son allocution.

«Je pense qu'avec un minimum de mobilisation dans notre société on va réussir à cheminer dans tous ces défis et continuer à générer de la richesse dans notre société. Plus on génère de revenus, plus les choix côté dépenses et programmes sociaux sont faciles», a-t-il fait valoir.

Pour créer cette richesse, il mise sur deux avenues, en l'occurrence l'entrepreneuriat et l'exploitation des ressources naturelles.

Un des avantages que procure l'entrepreneuriat, selon Louis Vachon, est le fait d'avoir sur place les décideurs qui sont, du coup, beaucoup plus solidaires avec leur milieu lorsque vient le temps d'investir ou de réduire les dépenses.

Il y a un hic, cependant: le nombre de personnes qui veulent se lancer en affaires «est nettement insuffisant», selon le banquier et ce, pour diverses raisons, à commencer par la démographie.

«La cohorte des Millenia, des Gen-X et des Gen-Y est beaucoup plus petite que la cohorte des baby-boomers. Le bassin d'entrepreneurs potentiels est donc plus petit. Deuxièmement, on attire moins d'immigrants au Québec sur une base relative et absolue que les autres provinces canadiennes. Et troisièmement, l'esprit entrepreneurial qui était très fort dans les années 80, s'est beaucoup essoufflé depuis une dizaine d'années.»

Faut-il ouvrir davantage de sources de financement? M. Vachon ne le croit pas. «Les gens qui ont des bons plans d'affaires, qui sont bien structurés, qui ont bien défini leurs projets, la quasi-totalité d'entre eux sont capables de ramasser des fonds». Il s'agit simplement de les encourager, répète-t-il.

Il déplore que le Québec n'accueille pas assez d'immigrants car il s'agit, selon lui, d'une pépinière exceptionnellement riche en entrepreneurs potentiels.

Et pour lui, l'intégration des immigrants ne passe que par une porte, celle de la prospérité, puisque les immigrants ne viennent pas majoritairement ici pour des raisons religieuses ou politiques mais bien pour améliorer leur sort. D'après lui, la meilleure façon d'intégrer des immigrants, c'est de leur offrir une société prospère.

Louis Vachon refuse toutefois de se laisser entraîner dans le débat sur la charte de la laïcité. Interrogé sur les impacts de cette charte sur l'économie et l'immigration, il évite soigneusement de mordre à l'hameçon: «Les débats politiques viennent et partent; l'économie, elle reste. C'est ça la réalité.»

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