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Le drapeau arc-en-ciel sera hissé au-dessus de l'Assemblée nationale

11/02/2014 12:42 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - L'Assemblée nationale va hisser le drapeau arc-en-ciel en guise de solidarité envers la communauté homosexuelle pour la durée des Jeux olympiques de Sotchi.

Unanimement et sans débat, les parlementaires ont appuyé une motion conjointe en ce sens présentée en Chambre mardi par la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David.

En vertu de la motion adoptée, le drapeau aux couleurs de l'arc-en-ciel flottera sur l'une des tours du Parlement «afin d'affirmer la solidarité du Québec envers la communauté lesbienne, gaie, bisexuelle, transgenre et transexuelle d'ici et d'ailleurs».

L'Assemblée nationale emboîte ainsi le pas à de nombreuses villes à travers le monde, dont Montréal et Québec, qui ont aussi choisi d'afficher le pavillon de la communauté gaie pour protester contre l'homophobie alléguée de la Russie, pays hôte des Jeux olympiques.

«Pendant que nous sommes fiers, et à juste titre, des athlètes québécois et canadiens qui remportent des médailles d'or, des médailles d'argent, il ne faut quand même pas oublier quelque chose: ces jeux se tiennent dans un pays réellement homophobe», a lancé Mme David, en point de presse, peu avant le dépôt de la motion.

Selon la députée de Gouin, la loi russe interdisant la «propagande» homosexuelle est le prétexte employé dans ce pays pour «pourchasser les personnes homosexuelles». Sous le régime de Vladimir Poutine, les minorités sexuelles sont «arrêtées, parfois torturées» par les autorités, a-t-elle soutenu.

À ses côtés, la militante solidaire et lesbienne Manon Massé a insisté sur l'importance du geste posé par l'Assemblée nationale.

«Ce geste est symbolique mais important. Il est important pour envoyer un message à l'extérieur du Québec, mais aussi pour envoyer un message à l'intérieur du Québec», a-t-elle dit.

Mme Massé estime en effet que bien du chemin reste à parcourir au Québec pour mettre fin à l'homophobie, un phénomène qu'elle dit subir «depuis très longtemps».

Elle a raconté que six de ses amies avaient été tabassées par de jeunes hommes l'automne dernier à la sortie d'un bar de Montréal sur la simple présomption de leur orientation sexuelle. En dépit des avancées, la société québécoise n'est pas à l'abri de «l'homophobie, la lesbophobie et la transphobie», a-t-elle affirmé.

Mme Massé en sera à sa cinquième tentative de se faire élire sous la bannière de Québec solidaire à la prochaine élection.

Avec l'adoption unanime de cette motion, les élus de la Chambre ont pris une décision exceptionnelle sinon inédite. Jusqu'ici, l'Assemblée nationale réservait ses mâts de pavoisement pour les pays en visite, les organisations internationales ou pour les couleurs du lieutenant-gouverneur dans le cas d'une allocution d'ouverture des travaux.

Les députés ont toutefois le pouvoir de décider de faire flotter l'étendard de leur choix, y compris celui d'un mouvement social.

Au bureau de l'Assemblée nationale, un porte-parole a indiqué mardi que le drapeau arc-en-ciel sera hissé d'ici à mercredi matin.

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