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L'Afghanistan sur le point de libérer 65 prisonniers talibans jugés dangereux par les Etats-Unis

11/02/2014 01:55 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

L'Afghanistan a annoncé mardi qu'il allait accélérer la libération de combattants talibans présumés malgré les objections américaines qui voient en eux une menace pour l'Otan et les forces afghanes.

Kaboul avait indiqué le 9 janvier qu'un total de 72 détenus de la prison de Bagram, près de la capitale, seraient relâchés en raison d'un manque de preuves, déclenchant de vives contestations de la part des Etats-Unis.

Les autorités afghanes "ont conclu qu'il n'y a aucune preuve contre 72 des 88 prisonniers. Nous avons réétudié leur cas après les objections faites par les forces américaines, et nous allons pour l'instant libérer 65 prisonniers", a affirmé mardi Abdul Shukur Dadras, membre de l'organe gouvernemental chargé du dossier des détenus de Bagram.

"Ces 65 détenus... seront relâchés au début de la semaine prochaine", a-t-il précisé à l'AFP.

Ces libérations constituent une pierre d'achoppement supplémentaire entre Kaboul et Washington au moment où les États-Unis tentent de convaincre le président Hamid Karzaï de signer un traité de sécurité bilatéral (BSA) prévoyant le maintien d'une présence militaire étrangère après 2014.

Dans un communiqué, les forces américaines en Afghanistan ont déclaré que ces prisonniers étaient "une source d'inquiétude légitime" pour les forces de sécurité afghanes et internationales faisant face à la sanglante insurrection talibane depuis la fin 2001.

"La libération de ces détenus serait un pas en arrière considérable pour l'Etat de droit en Afghanistan", peut-on lire dans le communiqué.

"La position américaine est que ces hommes constituent une menace pour les forces américaines", a prévenu un porte-parole du Pentagone, Steve Warren, mettant en garde contre une "action immédiate" des Etats-Unis s'ils reprenaient les armes.

"Bien sûr, nous essaierions de les tuer ou de les capturer quand la situation se présentera", a-t-il ajouté.

Le contrôle de l'essentiel de la prison de Bagram, baptisée la "Guantanamo d'Orient", a été transmis aux autorités afghanes par les Etats-Unis en mars 2013 lors d'une cérémonie en présence du président Karzaï, qui avait présenté l'événement comme un symbole des efforts de l'Afghanistan pour retrouver sa souveraineté nationale.

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