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La reprise des négociations de paix au Soudan du Sud semble compromise

11/02/2014 04:27 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

ADDIS ABEBA, Éthiopie - La reprise des pourparlers visant à mettre fin aux violences et à l'impasse politique au Soudan du Sud semblait en péril mardi, alors que les deux camps ont échangé des accusations dans ce qui devait être le début de nouvelles discussions.

Le Soudan du Sud a plongé dans le chaos à la mi-décembre, des combats ayant éclaté entre des soldats loyaux au gouvernement et des rebelles qui appuient l'ancien vice-président. Des milliers de personnes ont été tuées dans les affrontements, qui ont souvent pris une dimension ethnique.

Un cessez-le-feu a été conclu le mois dernier et les discussions approfondies devaient reprendre lundi à Addis Abeba, la capitale éthiopienne, mais cela ne s'est pas produit. Une cérémonie a été organisée mardi dans l'espoir de relancer les négociations, mais l'événement s'est plutôt transformé en joute verbale acrimonieuse.

Le représentant du gouvernement sud-soudanais a accusé les rebelles d'avoir violé le cessez-le-feu. Du côté des rebelles, le général Taban Deng Gai s'est dit déçu du président sud-soudanais Salva Kiir et du président ougandais Yoweri Museveni. L'Ouganda est un allié du gouvernement de M. Kiir et a envoyé des centaines de soldats au Soudan du Sud.

«Le retrait des forces étrangères n'a pas été respecté», a dit M. Gai, en référence à l'une des conditions du cessez-le-feu. L'Ouganda «agit comme un nouveau colonisateur dans le pays. Museveni cherche une guerre civile prolongée au Soudan du Sud. C'est une motivation très égoïste.»

Un porte-parole de la rébellion avait affirmé plus tôt que les rebelles ne reviendraient pas à la table des négociations tant que les prisonniers politiques de premier plan ne seraient pas autorisés à y participer et tant que les troupes ougandaises ne quitteraient pas le pays.

Un haut responsable des Nations unies a par ailleurs prévenu, mardi, qu'une famine pourrait menacer le Soudan du Sud si les paysans ne sont pas en mesure d'ensemencer et de récolter leurs champs à temps.

Plus de 800 000 personnes ont été déplacées par les affrontements et 3,2 millions de personnes ont besoin d'une aide alimentaire immédiate, a indiqué Toby Lanzer, le plus haut responsable de l'ONU au Soudan du Sud. Si ces personnes ne peuvent retourner dans leurs champs avant la saison des pluies et si l'aide humanitaire ne leur parvient pas d'ici là, le résultat pourrait être catastrophique, a-t-il déclaré.

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