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La reine du slopestyle Kaya Turski aura finalement subi une épreuve de trop

11/02/2014 10:28 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

KRASNAÏA POLIANA, Russie - Puisque le slopestyle en était à ses débuts en tant que discipline olympique, il était sans doute de mise qu'il y ait passation des pouvoirs. C'est ce qui est arrivé, mardi, aux Jeux de Sotchi, quand l'Ontarienne Dara Howell a succédé à la Montréalaise Kaya Turski en tant que reine de cette spécialité en ski acrobatique.

Que Howell devienne l'héritière de la couronne est d'autant plus logique que l'athlète de 19 ans a terminé deuxième aux championnats du monde de 2013, derrière la Québécoise de 25 ans.

Sauf qu'il aurait été évidemment préférable que la transition se fasse autrement que par une élimination surprise de Turski dès les qualifications. La championne en titre des X-Games d'Aspen et des Euro X-Games a chuté deux fois, affaiblie par un virus qui l'afflige depuis deux semaines. Elle a fini 19e sur 22 concurrentes alors qu'on l'attendait sur le podium.

«Elle a tout donné, je me sens tellement mal pour elle, a dit Howell de celle qui a décroché sept titres en carrière aux X-Games. Elle a été une tête d'affiche de notre sport pendant tellement d'années, elle a toujours cherché à en repousser les limites. C'est en grande partie grâce à elle si le slopestyle a une si belle réputation.»

«Ça m'a brisé le coeur de voir ce qui s'est passé, a quant à elle commenté Kim Lamarre, qui a raflé le bronze, mardi. C'est quand même la meilleure dans l'histoire du slopestyle. Des erreurs comme ça arrivent, c'est dommage que ça arrive à un moment comme ça.

«Elle a eu tellement d'impact sur le slopestyle. Les trucs que je fais aujourd'hui, je les fais parce que Kaya les faisait.»

Turski semblait en bonne voie de décrocher le titre le plus important de sa carrière, à Sotchi, après avoir remporté le pari improbable de se remettre d'une chirurgie au genou en mois de six mois. Elle a accepté qu'on lui greffe un ligament synthétique — une intervention expérimentale — et elle a pu recommencer à s'entraîner sur skis dès le mois de décembre.

Par ailleurs, alors qu'elle croyait initialement que son titre aux championnats du monde lui donnerait une place aux JO avec l'équipe canadienne, elle a appris à la dernière minute qu'elle devait se rendre au Grand Prix des États-Unis, une semaine avant les X-Games, en janvier dernier, pour obtenir son billet pour Sotchi. Elle a relevé le défi même si son retour à la compétition s'est fait plus rapidement que prévu.

S'est ensuite déclaré ce virus d'une origine inconnue qui lui a causé une grande fatigue depuis deux semaines. Frustrée que la maladie la frappe au pire moment, alors qu'elle s'apprêtait à vivre la consécration de son sport aux yeux du grand public, elle s'est battue afin de guérir. Mais ç'a seulement engendré des émotions négatives.

«Je n'ai jamais été aussi malade de ma vie et je me disais, 'pourquoi maintenant? Après toutes les épreuves que j'ai traversées?' Mais plus je me battais, plus je me sentais vidée émotivement. Ces derniers jours, j'ai essayé d'accepter le fait que j'allais skier dans cet état. Mais ces bonnes résolutions ne duraient que quelques minutes.»

Ç'a donné lieu à un cercle vicieux que Turski a été incapable de freiner le jour de la compétition.

«J'en ai arraché à l'entraînement ce matin, j'ai perdu confiance et j'ai hésité à ma première manche. J'ai ensuite fait une grosse erreur en deuxième manche, alors que je n'ai pas fait exprès pour changer de direction au troisième saut.

«Je ne me rappelle pas d'avoir pleuré 10 jours d'affilée comme ça m'est arrivé ces deux dernières semaines, a ajouté Turski. D'une certaine facon, je suis juste contente que ce soit fini. Je peux maintenant aller au lit, prendre des médicaments et me détendre.»

Turski a entrepris sa deuxième descente des qualifications malgré une luxation à l'épaule, qu'elle a subie en chutant lors de la première manche. Elle a révélé, après son élimination, qu'il s'agit d'un problème récurrent.

«Ça fait à peu près la 25e fois que ça m'arrive et un jour je vais me faire opérer, a-t-elle affirmé. Je suis habituée, j'ai remis mon épaule en place moi-même sur la pente. C'est pourquoi ç'a pris du temps avant de me relever.»

Turski a toutefois tenu à dire qu'elle ne voulait pas se servir de son état de santé comme excuse. Elle a affirmé que sa carrière n'est pas encore finie, bien qu'elle ne sait pas encore si elle complétera un autre cycle de quatre ans, ce qui lui permettrait de participer aux prochains JO.

«Je ne suis pas capable de planifier à aussi long terme, a-t-elle dit.

«C'est vrai que je me suis imposée plus de pression aux Jeux olympiques (qu'aux X-Games), a par ailleurs noté Turski. Je ne sais pas si j'y participerai de nouveau. Mais je peux maintenant dire que je suis une olympienne.»

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