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JO-2014 - Un drone filme des skieurs, première dans l'histoire olympique

11/02/2014 10:09 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

Il a l'apparence d'une araignée géante et fournit des images exceptionnelles: un drone miniature avec une caméra embarquée, fabriqué par une société française, filme les skieurs acrobatiques aux Jeux de Sotchi, une première dans l'histoire olympique.

Au bord d'une piste de ski dans la montagne de Rosa Khoutor, le pilote du drone radio-commandé suit de près une skieuse acrobatique dans la finale du slopestyle, assisté d'un technicien. Un cadreur abrité sous une tente regarde son écran de contrôle et pointe la caméra sur la skieuse enchaînant les sauts périlleux.

Les spectateurs dans les tribunes en contrebas sont trop loin pour apercevoir le drone en haut de la piste, mais peuvent voir les images filmées par la caméra embarquée haute définition et retransmises sur l'écran géant de l'Olympic broadcasting services (OBS), société de production du Comité international olympique (CIO).

"La plus grande difficulté, c'est la précision de la trajectoire pour respecter la distance de sécurité, car si on s'éloigne trop, le cadrage n'est pas bon", explique le pilote du drone, Philippe Delafosse, par ailleurs pilote d'hélicoptère de compétition internationale.

'Diffuser une image HD en direct'

Souple et peu bruyant, le drone, d'une envergure de 1,30 mètre et pesant seulement 5 kilos, peut atteindre "une vitesse de pointe de 70 km/h qui permet de rattraper le slopestyler", ajoute-t-il.

Le petit aéronef à six hélices offre des angles de vue qui ne sont possibles avec aucun autre moyen technique telles les caméras aériennes défilant sur un câble ou celles sur grue à bras articulé déployées sur la piste de Rosa Khoutor. Seul un hélicoptère pourrait rivaliser, mais le coût serait bien plus élevé, sans compter les nuisances sonores et les courants d'air provoqués.

Les drones avec caméra embarquée sont de plus en plus utilisés pour filmer des monuments et quelques compétitions sportives dans le monde, mais il s'agit d'une première pour des jeux Olympiques.

Outre ce drone, des dizaines de petits avions et hélicoptères sans pilote survolent Sotchi pendant les JO, mais pas pour filmer les épreuves sportives. Ceux-là sont déployés par les autorités russes pour la surveillance tous azimuts et la lutte antiterroriste, dans le cadre de mesures de sécurité sans précédent.

L'aéronef des JO a été fabriqué par Jean-Luc Fornier, un passionné d'aéronautique, qui a créé en 2009 en région parisienne une société de prises de vue à l'aide de drones. Il travaille en partenariat avec XD Motion, une start-up de la région parisienne spécialisée dans la vidéo aérienne et en 3D, qui a obtenu pour les JO un contrat avec la société de production du CIO, laquelle fournit les images des Jeux aux télés du monde entier.

"Il a fallu mettre au point un drone spécial, qui vole longtemps, résiste au froid, ne fasse pas de bruit pour gêner les athlètes, et capable de diffuser une image HD en direct", explique M. Fornier, évaluant le coût de l'appareil à plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Toute une série d'autorisations

L'aéronef à moteur, qui fonctionne avec des batteries d'une durée de 16 minutes, régulièrement changées, n'est pas utilisé par temps de pluie, qui endommagerait la caméra, ajoute-t-il.

Sur les pistes, le drone doit rester à au moins 30 mètres du public, distance de sécurité. Ce qui ne pose aucune difficulté pour le slopestyle dans la mesure où les acrobaties des skieurs sont effectuées en hauteur, assez loin des gradins.

Avec un drone, "les risques sont les mêmes que pour l'aviation, mais à une dimension proche du sol", observe le pilote.

Mais pour pouvoir faire voler un petit appareil au-dessus des pistes de ski en Russie, il a fallu toute une série d'autorisations, notamment du Service fédéral de sécurité (FSB, l'ex-KGB).

"Malgré toutes ces autorisations, nous avons souvent été contrôlés par la police s'inquiétant de voir voler un drone, mais cela a toujours été très courtois", raconte M. Fornier.

Enchantés par l'expérience des JO de Sotchi, les Français sont en pourparlers pour filmer prochainement une épreuve de slopestyle en Suisse. Et pourquoi pas un jour les X-Games, compétition mythique des sports extrêmes qui se prêtent idéalement aux images de drones.

bfi/pga/jr

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