NOUVELLES

Genève: les pourparlers syriens continuent; Washington et Moscou arrivent

11/02/2014 08:49 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

GENÈVE - Les factions syriennes se sont rencontrées face à face pendant quelques heures mardi à Genève, en présence du médiateur de l'ONU Lakhdar Brahimi.

Ce dernier a expliqué aux journalistes que cette première rencontre a été «aussi difficile» que la première rencontre de la séance précédente, il y a deux semaines, mais que le peuple syrien a besoin de progrès plus rapides.

«Je demande à tous d'accélérer, sauf ceux qui tuent des gens, ceux-là ne devraient pas aller plus vite, a-t-il déclaré lors d'une brève conférence de presse. Je ne suis pas certain de pouvoir imposer un agenda à des gens qui n'en veulent pas. Qu'est-ce que je pourrais faire? Leur mettre une arme sur la tête? C'est leur pays, c'est une responsabilité énorme qu'ils portent.»

L'opposition a blâmé le régime pour le manque de progrès.

«Il n'y a clairement pas eu de progrès aujourd'hui. Même en ce qui concerne l'agenda, le régime argumentait avec M. Brahimi en ne lui permettant pas d'en arriver à un agenda acceptable pour tous, a dit aux journalistes le porte-parole de l'opposition, Louay Safi. Ces gens-là ne sont pas ici pour trouver une solution politique, mais ils sont déterminés à tuer des gens en Syrie pour perpétuer le pouvoir d'une seule personne et la dictature. Je veux dire au peuple syrien que nous ne serons pas ici éternellement. Nous en viendrons à un point où il deviendra clair que le régime ne recherche aucune solution et nous exercerons une pression morale sur l'ONU pour qu'elle prenne position.»

Le ministre syrien adjoint des Affaires étrangères, Faisal Mekdad, a renvoyé la balle à l'opposition.

«Ce groupe d'opposition, cette coalition, insiste pour vous faire perdre votre temps et le nôtre, a-t-il lancé. Aujourd'hui ils ont gaspillé tout notre temps en ne discutant de rien, en affirmant qu'il n'y a pas de terrorisme en Syrie.»

M. Mekdad s'est aussi opposé à la participation éventuelle de négociateurs russes et américains plus tard cette semaine.

«Nous n'avons pas donné notre accord à cette rencontre et cette questions n'a pas été discutée sérieusement avec nous, a-t-il dit. Si cette rencontre est entre les Américains et les Russes et l'ONU, alors ils peuvent évidemment faire ce qu'ils veulent. Mais nous répétons que tout dialogue, toute discussion ou négociation doit se faire uniquement entre les camps syriens parce qu'ils sont ceux concernés par un tel dialogue.»

Un représentant de l'opposition syrienne, Monzer Akbik, a indiqué qu'elle a présenté un document détaillant sa vision pour une solution politique au conflit qui déchire le pays depuis près de trois ans. Les délégués pourraient maintenant participer à des échanges bilatéraux avec des représentants américains et russes, vendredi.

Des dirigeants de l'ONU ont confirmé qu'une rencontre tripartite aura lieu vendredi à Genève. M. Brahimi, le ministre adjoint russe des Affaires étrangères Gennadi Gatilov et la sous-secrétaire d'État américaine pour les affaires politiques Wendy Sherman y participeront.

M. Akbik a révélé que des officiers de l'Armée syrienne libre sont arrivés à Genève pour aider à la coordination des questions de sécurité découlant des pourparlers de paix.

Pendant ce temps, en Syrie, le régime de Bachar el-Assad aurait permis à une centaine d'hommes de quitter les quartiers rebelles de la ville assiégée de Homs, après avoir déterminé qu'ils n'étaient pas membres des groupes insurgés, selon ce que rapporte la télévision officielle.

Le gouverneur de Homs, Talal Barrazi, aurait déclaré que 111 hommes âgés de 16 à 54 ans ont quitté la ville lundi, à l'occasion d'une trêve négociée par les Nations unies. Plus de 1150 civils — surtout des femmes, des enfants et des personnes âgées — ont pu quitter Homs depuis vendredi. La troisième ville en importance du pays est assiégée par le régime depuis plus d'un an.

Les évacués reçoivent un peu de nourriture et une petite somme pour se rendre ailleurs en Syrie. Plusieurs choisissent d'aller habiter chez des proches, à Homs, et le Croissant-Rouge syrien a prévu des camps improvisés pour ceux qui n'auraient nulle part où aller.

Un communiqué publié mardi par l'Unicef révèle qu'on compte au moins 500 enfants parmi les personnes évacuées de la vieille partie de la ville. L'Unicef indique que ces enfants étaient «émaciés, chétifs et terrifiés». Une vingtaine de femmes enceintes ont aussi été évacuées et environ 200 enfants vaccinés contre des maladies évitables.

PLUS:pc