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France: les syndicats de taxis durcissent le ton contre une concurrence "déloyale"

11/02/2014 01:40 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

Les syndicats de taxis en France ont appelé mardi à une grève nationale reconductible contre la concurrence jugée déloyale des voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), alors que le gouvernement a nommé un conciliateur pour parvenir à une "concurrence équilibrée".

A l'issue de trois heures de réunion, les syndicats à l'origine des manifestations de lundi à Paris et Marseille (sud) ont finalement décidé d'encourager les actions spontanées observées depuis dans la capitale et aux abords des aéroports parisiens de Roissy et Orly.

L'intersyndicale "soutient toute action défendant la profession" et appelle dans un communiqué "l'ensemble des chauffeurs à mener ces actions de manière déterminée mais dans le calme et la dignité".

De leur côté, les fédérations patronales ont décidé d'appeler à une grève reconductible à partir du 27 février.

"On veut maintenir la pression et accompagner cette spontanéité d'actions", "rien ne sera prémédité", les chauffeurs mèneront "des opérations coups de poing, des blocages", a expliqué à l'AFP Karim Asnoun, du syndicat CGT.

Comme mardi, des actions continueront sur les plateformes aéroportuaires, a-t-il précisé.

"Nous reconduisons le mouvement jusqu'à ce que le gouvernement accepte d'arrêter d'immatriculer de nouveaux VTC" et que "la situation soit clarifiée pour chacun", taxis et VTC, a déclaré Nordine Dahmane, du syndicat FO.

A Orly, environ 200 taxis bloquaient toujours mardi soir la desserte de l'aéroport et la prise en charge des clients, selon une source aéroportuaire. Selon cette source, des blocages seraient prévus devant toutes les gares parisiennes mardi soir.

A Roissy, environ 150 voitures ont entravé pendant plusieurs heures la base arrière des taxis.

Lundi, environ 1.100 taxis avaient participé aux cortèges partis des deux aéroports à l'appel des syndicats, selon les sources aéroportuaires. Les syndicats affirment quant à eux avoir mobilisé entre 5.000 et 6.000 taxis (sur environ 20.000 à Paris).

Longtemps protégée, la profession est de plus en plus concurrencée par les motos-taxis et les sociétés de VTC, qui ne peuvent travailler que sur réservation mais que les taxis accusent de prendre des clients à la volée.

L'enregistrement d'un véhicule de VTC ne coûte que 100 euros alors que les licences des taxis (à 80% artisans et propriétaires de leurs licences) se négocient autour de 230.000 euros à Paris.

L'assouplissement de la législation en 2009 a favorisé la multiplication des VTC, qui ont gagné mercredi dernier une nouvelle partie en obtenant la suspension du décret leur imposant un délai de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge du client.

Cette décision provisoire du Conseil d'Etat a attisé la colère des syndicats de taxis qui jugeaient de toute façon ce décret insuffisamment protecteur.

Les syndicats réclament l'interdiction des applications de réservation de VTC sur smartphone, un délai de réservation minimum de 30 minutes et des courses d'un montant de 60 euros a minima.

Malgré l'augmentation des licences distribuées ces dernières années par l'administration, les taxis restent peu nombreux: 55.000 au total, dont environ 20.000 à Paris. Parallèlement, fin 2013, on recensait 6.500 entreprises de VTC (dont la moitié dans la région parisienne) exploitant quelque 12.400 véhicules.

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