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Duel à Paris pour ou contre la démolition de la Tour Montparnasse

11/02/2014 06:31 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

L'avenir de la Tour Montparnasse, plus haut gratte-ciel parisien de 210 mètres de haut et symbole pour certains de pollution visuelle et environnementale, divise les deux principales candidates à la mairie de la capitale française.

"C'est n'importe quoi, franchement !", a déclaré à la radio Europe 1 la candidate socialiste et favorite, Anne Hidalgo. "Comment vous pouvez prôner la destruction d'une tour qui ne vous appartient pas ?", a-t-elle ajouté.

Sa rivale de droite, Nathalie Kosciusko-Morizet, envisage en effet "la voie d'une démolition", estimant que cette tour représente à la fois "une catastrophe urbanistique" et "un problème sanitaire lié à l'amiante".

"J'ai engagé des discussions avec des experts et certaines parties prenantes concernées par l'avenir de la tour Montparnasse", a expliqué Mme Kosciusko-Morizet au quotidien Le Figaro. "Je constate qu'ils sont de plus en plus nombreux à vouloir explorer la voie d'une démolition", a-t-elle dit.

Pour Mme Hidalgo, en revanche, les 300 propriétaires de ce bâtiment de la rive gauche "n'ont pas décidé de la destruction", mais plutôt "de la rénovation". "En plus c'est un bâtiment, certes pas une grande beauté, mais qui marque quand même l'urbanisme des années 70".

La tour Montparnasse, qui vient de fêter ses quarante ans et dont la vue panoramique de Paris attire un million de touristes par an, est menacée d'une évacuation totale à cause de l'amiante. Une société, Amundi, a évacué ses 300 salariés et fin janvier, un rapport d'expert a mis en cause les travaux et le système de ventilation, la région Ile-de-France annonçant l'évacuation de ses 200 agents.

Cet affrontement entre candidates aux élections municipales de mars intervient dans le cadre d'une polémique plus large sur le retour des méga-tours dans Paris, dont le projet de Tour Triangle (180 m), autorisé en juillet. Mme Hidalgo y est favorable, mais il est dénoncé par Mme Kosciusko-Morizet.

Les défenseurs du patrimoine voient dans la crise de la Tour Montparnasse la preuve du "cadeau empoisonné" que constituent les méga-tours.

L'Unesco a un avis négatif sur ces projets de tours à Paris car la capitale française est "l'une des rares villes horizontales préservées" et parce que leur importante consommation d'énergie "n'est pas un bon modèle" pour l'avenir, selon le sous-directeur général de l'Unesco pour la Culture, Francesco Bandarin.

Paris avait limité les hauteurs à 37 m au lendemain de la polémique sur cette tour de 210 m qui a bouleversé le paysage de la ville haussmannienne. Mais, en 2010, la ville a autorisé des immeubles d'habitation de 50 m et des tours de bureaux de 180 m dans des quartiers situés à sa périphérie.

ial/jh

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