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Des fans éplorés de Michael Jackson obtiennent réparation de sa mort

11/02/2014 09:39 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

Cinq fans du défunt roi de la pop Michael Jackson ont obtenu auprès de la justice française un euro symbolique de dommages et intérêts au titre du "préjudice d'affection" causé par la mort du chanteur en 2009, une première mondiale selon leur avocat.

Les cinq requérants faisaient partie d'un groupe de 34 personnes qui poursuivaient au civil le docteur Conrad Murray, condamné à quatre ans de prison aux Etats-Unis pour homicide involontaire de la star, décédée à l'âge de 50 ans d'une surdose d'un puissant anesthésiant qu'il utilisait comme somnifère avec la complicité de son médecin.

Un juge du tribunal d'Orléans (centre) a estimé que ces cinq personnes, originaires de Suisse, Belgique et France, avaient apporté la preuve de "l'affliction" dont elles avaient fait l'objet. Il a condamné en conséquence le Dr Murray à leur verser un euro symbolique.

"C'est la première fois au monde, à ma connaissance, qu'est reconnue la notion de préjudice affectif en lien avec la mort d'une pop-star", s'est félicité leur avocat, Me Emmanuel Ludot, joint par l'AFP. L'avocat s'est en outre réjoui "d'être allé jusqu'au bout de la procédure malgré les ricanements" qu'elle suscitait.

Ce précédent est d'autant plus remarquable, selon l'avocat, que "le lien n'était pas à double sens, les fans aimant Michael Jackson mais celui-ci ne les connaissant pas personnellement".

Selon le professeur de droit à l'université de Savoie (est de la France) Philippe Brun, spécialiste de la responsabilité civile, "que des fans d'une star puissent, dans ce contexte, obtenir réparation du préjudice d'affection paraît totalement inédit".

M. Brun s'est cependant étonné que la justice n'ait accordé qu'une "réparation symbolique" pour un préjudice devant théoriquement être quantifié. "Si ce jugement est frappé d'appel, je doute qu'il puisse résister à l'examen car il y a une certaine contradiction dans les termes entre le préjudice d'affection et le caractère symbolique de la somme allouée", a-t-il souligné.

En pratique, si l'euro symbolique ne sera pas réclamé à M. Murray, qui a été relâché à l'automne dernier grâce aux remises de peine, "la reconnaissance du statut de victime pourra permettre à mes clients de demander à avoir accès au lieu d'inhumation de Michael Jackson à Los Angeles, qui est interdit au public", a indiqué Me Ludot.

Les cinq requérants avaient apporté la preuve du préjudice subi "à l'aide de témoignages, voire de certificats médicaux", a détaillé l'avocat.

A l'origine de cette décision de justice inédite se trouve l'association "Michael Jackson Community", basée à Montargis, non loin d'Orléans. Cette association a accompagné les 34 fans éplorés dans leurs démarches.

La présidente de l'association, Myriam Walter, figurait au nombre des fans en deuil demandant réparation, mais elle n'a pas obtenu gain de cause.

Les requérants déboutés conservent la possibilité de poursuivre la procédure en étoffant leur dossier, a assuré l'avocat.

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