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Congo: le président Sassou Nguesso appelle à la fin de la "barbarie" en Centrafrique

11/02/2014 01:52 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

Le président congolais Denis Sassou Nguesso, médiateur de la crise en Centrafrique, a appelé mardi à Brazzaville la communauté internationale à mettre au plus vite un terme à la "barbarie" qui ravage le pays.

"Le martyre du peuple centrafricain frère est emblématique des tragédies dont sont victimes certains Etats et peuples à travers le monde. Il est du devoir de la communauté internationale d'agir avec davantage de fermeté et de diligence afin de mettre un terme au règne de la barbarie", a déclaré le président congolais.

"La paix est une quête permanente, oeuvrer à la sauvegarde de la paix doit être le premier de nos devoirs", a-t-il ajouté, s'exprimant dans le cadre des célébrations du 25e anniversaire du protocole de Brazzaville, qui a notamment mis fin à la guerre civile en Angola.

Parmi ses hôtes figuraient son homologue sud-africain Jacob Zuma et le ministre français de la Défense Jean-Yves le Drian.

En tournée en Afrique centrale, M. Le Drian doit se rendre mercredi à Bangui, la capitale centrafricaine où il doit rencontrer la présidente Catherine Samba Panza.

La Centrafrique a sombré dans le chaos depuis le coup d'Etat en mars 2013 de Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle Séléka à dominante musulmane. Devenu président, il a été contraint à la démission le 10 janvier pour son incapacité à empêcher les tueries entre ex-Séléka et milices d'autodéfense "anti-balaka", majoritairement chrétiennes.

La force de l'Union africaine (Misca) compte actuellement 5.400 hommes - dont un millier de Congolais, le plus important contingent - sur les 6.000 prévus. Le contingent français qui évolue dans l'opération Sangaris aligne 1.600 soldats. L'Europe a promis d'envoyer 500 hommes à Bangui début mars.

Les forces française et africaine agissent sous l'égide de l'ONU, qui les a dotées en décembre dernier d'un mandat autorisant l'emploi de la force en cas de menace directe sur la population civile. Jusqu'à présent, elles ne sont pas parvenues à mettre fin aux violences meurtrières et aux pillages.

"Il faut que l'ensemble des milices qui continuent aujourd'hui à mener des exactions, à commettre des meurtres, arrêtent", a dit M. Le Drian à la presse, en demandant aux forces françaises et africaines en Centrafrique d'"appliquer les résolutions des Nations unies, si besoin par la force".

Les violences ont déjà fait près d'un million de déplacés et réfugiés, sur une population totale de 4,6 millions d'habitants, et provoqué une crise humanitaire sans précédent dans un pays qui figure parmi les plus pauvres du continent malgré son potentiel agricole et minier.

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