POLITIQUE

Budget fédéral 2014: 8 éléments à retenir du 10e budget signé Flaherty (VIDÉO/PHOTOS/TWITTER)

11/02/2014 04:14 EST | Actualisé 11/02/2014 06:27 EST

Le gouvernement fédéral a présenté mardi son budget pour les années 2014-2015. Lors d'un point de presse, le ministre des Finances Jim Flaherty a lui-même admis que cet exercice financier peut paraître «ennuyeux». «Ennuyant, c'est bien», a blagué le ministre, au sujet de ce budget qui ne présente aucune hausse d'impôts pour les contribuables et les entreprises cette année. Malheureusement, le gouvernement n'annonce pas non plus de réductions de taxes importantes. Afin de vous aider à naviguer parmi les points saillants de ce budget fédéral, Le Huffington Post Québec vous a préparé huit éléments à retenir.

Vers un budget équilibré

Sans surprise, le ministre des Finances Jim Flaherty a présenté un budget austère pour les années 2014-2015, mettant la table pour un retour au déficit zéro l'an prochain. Le déficit est moins important que prévu, se chiffrant à 2,9 milliards$, alors que la mise à jour du gouvernement Harper l'automne dernier prévoyait un manque à gagner de 5,5 milliards$. L'an prochain, le gouvernement fédéral prévoit annoncer un excédent de 6,4 milliards$. Ce retour aux surplus budgétaires arrivera à point nommé pour le gouvernement Harper, alors que des élections sont prévues pour l'année 2015.

Confrontation Québec-Ottawa en vue sur l'emploi

Lors du dépôt du budget l'an dernier, le gouvernement de Stephen Harper avait promis une réforme de la formation de la main-d'oeuvre dans le cadre de la Subvention canadienne pour l'emploi. Le gouvernement Harper annonçait que les fonds transférés aux provinces seraient désormais gérés directement par le gouvernement fédéral afin de développer avec les employeurs des programmes axés sur leurs besoins. Cette mesure a créé une levée de boucliers de la part du gouvernement du Québec qui souhaite gérer ces fonds à travers ses propres programmes de formation. Dans le cadre du budget 2014-2015, le gouvernement fédéral annonce qu'il est prêt à aller de l'avant sans l'accord des provinces si aucune entente n'est conclue d'ici au 1er avril 2014. Alors qu'Ottawa exigeait l'an dernier que les provinces versent le tiers des fonds destinés au programme, le gouvernement Harper fait volte-face et versera désormais les deux tiers des fonds. Le gouvernement fédéral verserait alors les subventions directement via l'entremise de Services Canada.

«Dans certaines provinces, des milliards sont transférés sans qu'on sache où ils vont, maintenant, nous saurons où va l'argent», a expliqué le ministre Flaherty. Son collègue Denis Lebel a promis que les discussions avec le Québec se poursuivent, malgré l'ultimatum du 1er avril annoncé par le gouvernement.

Au Conseil du patronat, on voit d'un bon oeil ce programme de formation axé sur les besoins des employeurs. «L'autre bonne nouvelle, c'est qu'on n'exige plus une contribution de la province, se réjouit la vice-présidente de la recherche et économiste en chef de l'organisme, Norma Kozhaya. Cela aurait été un problème, surtout dans le contexte des finances publiques québécoises. Le bémol que nous avons, c'est à savoir si on pourra utiliser les ressources déjà en place au Québec pour livrer la marchandise, tout en se fixant des objectifs à atteindre.»

Focus sur l'emploi

Le gouvernement Harper mise sur l'emploi afin de stimuler l'économie canadienne. Outre la Subvention canadienne pour l'emploi, le gouvernement Harper a annoncé plusieurs programmes d'aide afin de trouver un emploi ou de parfaire ses compétences. Parmi ces mesures, les apprentis oeuvrant dans un métier spécialisé désigné Sceau Rouge auront droit à un prêt maximal de 4 000$ pour une première formation technique. Cette mesure devrait coûter 100 millions$ annuellement au trésor fédéral.

Comme pour un prêt étudiant, les intérêts du prêt seront cumulés uniquement après la fin de la formation. Le professeur en sciences économiques à l'Université d'Ottawa, Jean-François Tremblay, estime qu'il s'agit d'une bonne approche dans la formation de main-d'oeuvre: «Plusieurs entreprises hésitent à investir en formation, puisque l'employé peut quitter ensuite, dit-il. Avec ce système de prêts, l'employé investit dans ses propres compétences».

La réaction est moins positive du côté de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants. « En élargissant le programme de prêt pour les apprentis, on met le fardeau du coût de la formation sur les individus », rappelle sa présidente nationale, Jessica McCormick.

Internet haute vitesse pour les régions

Le budget prévoit un investissement de 305 millions$ sur cinq ans pour améliorer l'accès à Internet haute vitesse dans les régions éloignées et le Nord canadien. Ainsi, 280 000 ménages de plus devraient avoir accès à un réseau de 5 mégabits par secondes. Le projet sera inclus dans le programme Chantiers Canada. De plus, le gouvernement fédéral refusera de renouveler les spectres de services sans fil pour Internet haute vitesse des entreprises qui n'ont pas utilisé le spectre à cette fin. Le gouvernement annoncera les détails de ce programme dans les prochains mois.

La mesure répond à une demande de la Fédération canadienne des municipalités. « Nous sommes très heureux d'entendre cette nouvelle, explique son président, Claude Dauphin. Les régions rurales ont besoin d'un accès à Internet haute vitesse. » En plus des individus, plusieurs commerces pourraient bénéficier d'une connexion haute vitesse.

Des prix égaux des deux côtés de la frontière

Le gouvernement Harper veut mettre fin à la disparité des prix entre le Canada et les États-Unis. Ottawa estime que les Canadiens paient 25% plus cher pour certains produits que les consommateurs américains. Certains facteurs comme les droits de douane, la petitesse relative du marché canadien et les normes de sécurité pourraient expliquer cette disparité. Toutefois, le gouvernement conservateur veut s'attaquer à la stratégie de prix plus élevés au Canada appliquée par certaines entreprises. Par exemple, si Wal-Mart décide d'exiger un prix plus élevé pour une boîte de Cheerios au Canada qu'aux États-Unis, «ils sont mieux d'avoir une explication», a lancé le ministre Flaherty. Le gouvernement conservateur prévoit adopter des mesures législatives afin de permettre au Bureau de la concurrence de pénaliser les entreprises qui fixent des prix plus élevés au pays qu'au sud de la frontière.

Il s'agit d'un « enjeu très important », selon le Conseil canadien du commerce de détail. Son vice-président, David Wilkes, explique que la disparité des prix vient des grands fournisseurs. « Pour plusieurs produits, les prix [payés par les détaillants] sont significativement plus élevés », dit-il.

Taxe sur le tabac

Les fumeurs seront parmi les rares Canadiens à contribuer à la hausse des revenus du gouvernement. La taxe par cartouche de 200 cigarettes augmentera de 4$. Le même niveau de taxation s'appliquera désormais aux boutiques « hors taxes ». Les autres produits du tabac, tel le tabac haché ou à mâcher, subiront une hausse équivalente. Cette mesure devrait faire augmenter les revenus du gouvernement de 96 millions$ en 2013-2014, puis de 685 millions$ en 2014-2015. Par ailleurs, le prix des produits du tabac sera désormais indexé au coût de la vie tous les cinq ans.

La nouvelle réjouit la présidente de la Société canadienne du cancer, Pamela Fralick, qui lie la hausse du prix du tabac à une diminution du nombre de fumeurs. « Nous savons que quand les prix augmentent les jeunes, en particulier, n'ont pas les moyens de commencer à fumer. » Et moins de fumeurs, ajoute-t-elle, signifie potentiellement moins de décès liés au tabac.

Plafond sur les frais d'itinérances pour les cellulaires

Bell, Rogers et consorts sont visés par une nouvelle offensive contre les frais de téléphonie cellulaire. Le gouvernement plafonnera désormais les frais d'itinérances imposés aux consommateurs. Ainsi, un fournisseur ne pourra pas exiger des frais plus élevés à une entreprise concurrente que le prix proposé à ses propres clients. Ottawa estime que cette approche utilisée par certains grands fournisseurs visait à limiter la concurrence des petites entreprises.

Fin de la «facturation des factures»

Le gouvernement fédéral veut interdire aux banques d'imposer un coût pour recevoir les factures de cartes de crédit par la poste. Ottawa pourrait faire la même chose avec les entreprises de télécommunication.

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