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Afghanistan: Karzaï ne signera pas l'accord de sécurité avec Washington (renseignement)

11/02/2014 12:22 EST | Actualisé 13/04/2014 05:12 EDT

Le directeur américain du renseignement (DNI) James Clapper s'est dit mardi convaincu que le président afghan Hamid Karzaï ne signerait pas l'accord bilatéral de sécurité (BSA) conclu avec Washington prévoyant le maintien d'une présence militaire étrangère en Afghanistan après 2014.

Depuis la conclusion de l'accord en novembre, le président afghan ne cesse d'affirmer qu'il veut laisser le soin à son successeur de parapher l'accord mais Washington n'a cessé d'appeler à une signature "sans délai", gardant officiellement l'espoir qu'Hamid Karzaï change d'avis.

Un espoir douché par le DNI mardi devant les sénateurs de la Commission des forces armées. "Mon point de vue (...) est que le président Karzaï ne va pas le signer", a affirmé James Clapper.

L'élection du prochain président afghan aura un "effet salutaire" pour obtenir la signature, a-t-il ajouté. Le premier tour de la présidentielle en Afghanistan aura lieu le 5 avril mais la date d'entrée en fonction du prochain président, qui dépendra vraisemblablement d'un second tour de scrutin, n'est pas connue à ce stade.

Les Etats-Unis comptent maintenir un contingent qui pourrait s'élever à 10.000 hommes en Afghanistan après 2014 afin de former les forces afghanes et mener des opérations antiterroristes.

Mais l'incertitude vis-à-vis du maintien d'une présence militaire étrangère érode la confiance des Afghans, a fait valoir James Clapper.

"L'effet est déjà négatif pour l'économie, sans faire état de l'impact psychologique", a plaidé le DNI, notamment pour l'armée afghane qui est affectée par les désertions.

L'an dernier 30.000 militaires afghans ont déserté pour une armée de 185.000 hommes, a-t-il rappelé.

Si les forces afghanes connaissent des succès sur le terrain contre les talibans, elles ont toujours des difficultés à le tenir après en avoir chassé les insurgés, a-t-il fait valoir.

Le chef du renseignement militaire, le général Michael Flynn, a de son côté fait état de "progrès modestes" des forces afghanes, qui ont toujours besoin du soutien international en matière de renseignement, de logistique ou de transport aérien.

Lors d'une intervention lors d'un colloque organisé à Washington, le grand patron des forces spéciales américaines, l'amiral William McRaven, a de son côté rappelé mardi l'importance du maintien d'une présence américaine.

"Quelle que soit l'importance de notre présence ici l'an prochain, notre future relation militaire avec les Afghans restera vitale dans la région", a-t-il jugé. Outre les missions antiterroristes, les forces spéciales américaines sont participent à la formation des forces afghanes.

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