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Une femme abattue et brûlée dans le sud insurrectionnel de la Thaïlande

10/02/2014 02:14 EST | Actualisé 11/04/2014 05:12 EDT

La femme d'un policier a été abattue et brûlée devant des passants terrifiés dans l'extrême sud de la Thaïlande en proie à une insurrection meurtrière, une attaque qui semble être une vengeance après le meurtre de trois enfants, a indiqué la police lundi.

La victime, une bouddhiste de 28 ans, a été touchée par balles alors qu'elle retournait à sa voiture après avoir fait son marché dans la province de Pattani, l'une des trois de cette région sous état d'urgence.

Des hommes non identifiés ont ensuite mis le feu à son corps devant des habitants qui se rendaient au marché, mais aucun d'entre eux n'a donné d'informations à la police de crainte de représailles après cette attaque dont seraient responsables des insurgés, a précisé un officier de police, sous couvert de l'anonymat.

Il a précisé qu'une note laissée sur les lieux évoquait une vengeance après la mort la semaine dernière de trois enfants musulmans âgés de 3, 5 et 9 ans, abattus devant leur maison dans la province voisine de Narathiwat.

Leurs parents avaient également été blessés dans la fusillade.

"Nous continuerons à vous tuer aussi longtemps que vous êtes sur nos terres", promettait la lettre, selon le policier, alors que les insurgés ont accusé les autorités thaïlandaises d'être responsables de la mort des trois frères.

Ces événements font craindre une spirale de représailles entre musulmans et bouddhistes dans cette région majoritairement musulmane rattachée à la Malaisie jusqu'au début du XXe siècle.

Plus de 5.900 personnes, en majorité des civils, ont été tués depuis le début en 2004 de la rébellion séparatiste. Les insurgés musulmans se rebellent contre ce qu'ils vivent comme une discrimination contre la population d'ethnie malaise et de religion musulmane dans un pays essentiellement bouddhiste.

Selon Srisompob Jitpiromsri, de l'organisation Deep South Watch qui étudie le conflit, la mort des trois enfants "a déclenché une réaction en chaîne qui va être difficile à contrôler à moins que les autorités n'amènent leurs meurtriers devant la justice".

"Le mouvement insurgé utilise leur mort comme une opportunité pour se venger", a-t-il ajouté.

Les négociations de paix qui ont débuté il y a près d'un an entre des rebelles -- notamment du Barisan Revolusi Nasional (BRN, Front national révolutionnaire)-- et les autorités thaïlandaises sont au plus bas, et la crise politique qui dure depuis trois mois a encore un peu plus compromis ces discussions qui n'ont pas fait reculer les violences.

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