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Thaïlande: première arrestation d'un leader des manifestants

10/02/2014 06:09 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

Les autorités thaïlandaises ont annoncé lundi l'arrestation d'un des leaders des manifestants qui réclament le départ du gouvernement depuis trois mois, première interpellation malgré des dizaines de mandats d'arrêt émis.

Depuis le début à l'automne du mouvement réclamant la tête de la Première ministre Yingluck Shinawatra, des dizaines de mandats d'arrêt ont été lancés contre de nombreux leaders, pour divers chefs d'accusation.

Le principal meneur des manifestants Suthep Thaugsuban, qui veut remplacer le gouvernement par un "conseil du peuple" non élu, fait lui-même l'objet de trois d'entre eux, notamment pour insurrection.

Et il a mis au défi les autorités de venir le chercher, continuant à défiler dans les rues de Bangkok et de s'adresser quotidiennement sur scène à ses partisans.

Mais aucun leader n'avait jusqu'à présent été arrêté, les autorités mettant en avant les risques d'une intervention au milieu des manifestants, alors que le gouvernement a privilégié depuis le début l'évitement entre police et militants pour limiter les violences.

Sontiyan Cheunruethainaitham, interpellé par la police lundi matin dans un hôtel de Bangkok, "est le premier arrêté pour avoir défié l'état d'urgence", a indiqué à l'AFP Tarit Pengdith, directeur du puissant Département des enquêtes spéciales (DSI) du ministère de la Justice.

"Nous le considérons comme le numéro deux (du mouvement) parce qu'il fait partie de ceux qui ont coordonné les sponsors des manifestations", a-t-il ajouté.

L'état d'urgence en place à Bangkok depuis le 23 janvier, qui interdit notamment les rassemblements dans certaines parties de la capitale, permet la détention d'un suspect pendant un mois sans charge.

Au delà du départ de Yingluck, les manifestants réclament la fin de l'influence de son frère Thaksin Shinawatra, ancien Premier ministre renversé par un coup d'Etat en 2006 mais qu'ils accusent de continuer à gouverner à travers sa soeur.

Le milliardaire reste malgré son exil le personnage le plus aimé et le plus détesté de Thaïlande, divisant la société entre masses rurales et urbaines défavorisés qui lui sont fidèles et élites de Bangkok qui le voient comme une menace pour la révérée monarchie.

Les législatives anticipées du 2 février n'ont pas permis de sortir de la crise qui a déjà fait au moins dix morts et des centaines de blessés.

Les manifestants ont bloqué le déroulement du scrutin dans 10% des bureaux de vote, empêchant la publication des résultats et prolongeant au pouvoir un gouvernement aux pouvoirs limités, vulnérable à une intervention de la justice qui pourrait selon les analystes conduire à un nouveau "coup d'Etat judiciaire".

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