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Syrie: retour au dialogue de sourds à Genève

10/02/2014 10:23 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

Les discussions pour une solution politique au conflit syrien ont tourné au dialogue de sourds dès leur reprise lundi à Genève, les représentants de l'opposition et du gouvernement présentant des agendas opposés, sans perspective rapide de rapprochement.

Reçus successivement par le médiateur de l'ONU Lakhdar Brahimi, les deux délégations ont continué à avancer chacune selon leur propre agenda, comme elles l'avaient fait pendant la première session de négociations en janvier.

M. Brahimi, qui devait parler à la presse dans l'après-midi, a pour le moment renoncé à une conférence de presse.

La délégation gouvernementale a présenté un projet de communiqué demandant "avec insistance" de la part des Nations Unies, représentées par M. Brahimi, "une condamnation claire" de l'attaque menée contre le village alaouite de Maan dans la province de Hama où des rebelles islamistes ont tué dimanche au moins 21 civils et 20 combattants pro-régime, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La délégation du gouvernement, dirigée par le chef de la diplomatie syrienne, M. Walid Mouallem, a demandé une nouvelle fois "que la fin des violences et du terrorisme, avec l'obligation pour les pays qui le soutiennent de cesser leur politique, soit le premier point sur lequel nous nous mettions d'accord", selon un projet de communiqué qu'elle a fait circuler.

Pour l'opposition, "stopper la violence du régime et former une autorité de gouvernement de transition sont les principaux sujets à notre agenda cette semaine", a souligné son porte-parole Louai Safi.

Il a précisé que le médiateur a proposé des réunions séparées pour ne pas perdre de temps. "Pendant que nous parlions de sujets qui ne relèvent pas de notre discussion, des gens mourraient à Homs, Alep et dans les faubourgs de Damas", a-t-il dit à la presse.

L'opposition a présenté un rapport sur "les violences du régime d'Assad", le président syrien Bachar al-Assad, selon une source de l'oppositon. Ce rapport affirme que depuis le début des négociations à Genève en janvier 1.805 Syriens dont 834 à Alep ont été tués avec l'emploi de plus de 130 barils d'explosifs à Alep et Daraya, dans la région de Damas.

Un document en arabe de M. Brahimi circulait lundi à l'ONU à Genève et l'AFP en a eu connaissance. Il insiste sur les principes retenus par les grandes puissances en juin 2012 lors de Genève I. Il propose de traiter "en parallèle" la question de l'arrêt de la violence et du terrorisme, "priorité" pour le gouvernement et de l'autorité gouvernemetale de transition, "préalable" pour l'opposition.

Il se dit également prêt à parler dans cette session de l'avenir des institutions nationales, du dialogue national et de la réconciliation nationale.

"Les séances communes durant la première session n'ayant pas débouché sur des résultats notables, il est probablement préférable de tenir des réunions séparées, pour venir à des réunions plénières le second ou le troisième jour", affirme le document.

"Le gouvernement syrien et sa délégation ne reculeront pas d'un pouce et resteront même si les autres s'en vont. La Syrie va rester à cette conférence", a assuré lundi le vice-ministre des Affaires étrangères, Faysal Mokdad.

Seul point concret de ce dialogue, l'ONU avait essayé d'arracher en janvier une "mesure humanitaire de confiance", un accord entre opposition et gouvernement pour venir en aide à la population de la vieille ville de Homs, assiégée depuis 2012.

Il ne s'était pas concrétisé à la fin de la première session, mais finalement depuis vendredi plus de 700 civils ont été évacués par l'ONU des quartiers assiégés en dépit de tirs.

Les opérations d'évacuation de la population assiégée devaient se poursuivre lundi pour la quatrième journée, en dépit de tirs de mortier qui ont tué cinq personnes la veille.

A Genève, M. Mokdad a affirmé que les rebelles n'avaient pas permis l'évacuation d'un groupe de quelques dizaines de chrétiens qui sont toujours dans la vieille ville.

La France, en liaison avec d'autres pays, va déposer un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies pour exiger des accès humanitaires aux populations civiles dans les villes syriennes assiégées, a annoncé lundi le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

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