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Syrie: le trêve de Homs est prolongée de trois jours

10/02/2014 10:01 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

BEYROUTH - Des responsables humanitaires se sont empressés lundi d'évacuer des femmes, des enfants et des personnes âgées de secteurs rebelles bloqués par l'armée syrienne depuis plus d'un an à Homs, la troisième ville en importance du pays, après que la trêve négociée par l'ONU ait été renouvelée pour trois jours.

Le cesser-le-feu qui est entré en vigueur vendredi a toutefois été ébranlé par des échanges de tirs qui ont empêché certains résidants de s'enfuir et freiné la distribution de l'aide alimentaire d'urgence.

La responsable humanitaire des Nations unies, Valerie Amos, a vertement critiqué les deux parties, affirmant que des activités de l'ONU et du Croissant-Rouge syrien ont été délibérémment ciblées.

Pendant ce temps, le deuxième tour des négociations de paix entre le régime syrien et l'opposition s'est rapidement enlisé lundi, quand les deux camps se sont mutuellement attribué la responsabilité de l'explosion de violence qui a fait des centaines de morts depuis quelques jours.

L'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, a rencontré les délégations individuellement pour tenter d'élaborer un agenda pour les prochains jours.

Le premier tour de pourparlers a pris fin il y a 10 jours, avec comme seul progrès la présence des deux parties dans la même salle. Cette fois-ci, les deux camps semblent plus éloignés que jamais et ne prévoient même pas s'asseoir autour de la même table.

«Les négociations ne peuvent continuer pendant que le régime continue à augmenter ses actes de violence contre le peuple syrien, a dit Louay Safi, le porte-parole de l'opposition, après une rencontre de 90 minutes avec M. Brahimi. Il n'est pas acceptable que le régime envoie sa délégation à des pourparlers de paix pendant qu'il tue son peuple en Syrie.»

L'opposition ajoute que le but des pourparlers est de mettre en place un gouvernement transitoire pour remplacer le régime du président Bachar el-Assad. La délégation gouvernementale souhaite de son côté discuter de la fin du «terrorisme», le terme que le gouvernement utilise pour désigner les insurgés.

Le ministre syrien adjoint des Affaires étrangères, Faisal Mekdad, a déclaré que la question du départ de M. Assad n'est pas au programme. «Veuillez dire à ceux qui rêvent de nous faire perdre notre temps ici, avec une telle discussion, de bien vouloir cesser», a-t-il lancé à un journaliste.

La recrudescence de violence sur le terrain a fourni des munitions aux deux parties. Des islamistes radicaux ont pris le contrôle, dimanche, d'un village du centre de la Syrie habité par des membres de la secte alaouite, à laquelle appartient le président Assad. La moitié des victimes de l'attaque contre le village de Maan étaient des civils, tandis que les autres étaient des combattants qui défendaient leurs résidences, a dit l'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres.

M. Mekdad a estimé que 50 personnes ont été «massacrées» pendant cette attaque, essentiellement des femmes et des enfants. «Nous ne pourrons pas parler d'un processus de paix réel et crédible tant que les tueries et le terrorisme n'auront pas cessé», a-t-il dit.

La délégation gouvernementale a cité cette attaque pour prouver que le soulèvement contre M. Assad est dominé par des extrémistes islamistes. Questionné au sujet des événements de Maan, M. Safi a accusé le régime de tenter de faire porter le blâme aux autres.

«Oui, certains groupes commettent des crimes (...) en raison du chaos politique et de sécurité, mais la responsabilité première revient au régime», a-t-il dit.

Il a ensuite accusé le régime d'avoir perpétré des «crimes de guerre» en lançant des barils explosifs sur des quartiers civils.

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