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Réactions mitigées au vote suisse sur l'immigration

10/02/2014 10:32 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

L'Union européenne devra réévaluer ses relations avec la Suisse, à la suite du référendum de dimanche sur l'immigration.

Les Suisses ont voté à 50,3 % pour la réintroduction de quotas d'immigration avec l'Union européenne (UE).

Dans un communiqué, la Commission européenne a soutenu que ces résultats allaient à l'encontre du principe de liberté de circulation des personnes. La Commission ajoute qu'elle examinera attentivement les retombées qu'aura ce jugement dans ses relations avec le gouvernement suisse.

En entrevue avec la BBC lundi, la commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding, a déclaré que la Suisse ne pouvait pas s'attendre à bénéficier des avantages du libre-échange avec l'UE sans accepter la liberté de circulation.

« Ce n'est pas possible. Vous prenez tout ou vous laissez tout », a-t-elle dit.

« Des problèmes considérables »

De son côté, la chancelière allemande, Angela Merkel, a affirmé que le vote suisse posait des « problèmes considérables ». L'Allemagne est le premier partenaire commercial de la Suisse.

Le gouvernement français parle pour sa part d'une « mauvaise nouvelle » pour l'Europe et trouve le résultat paradoxal, puisque la Suisse fait 60 % de son commerce avec l'UE.

La France rappelle qu'une série d'accords lient la Suisse et l'UE, notamment sur la libre circulation des travailleurs, un accord qui est maintenant remis en cause.

Réactions favorables

Le vote suisse génère également des réactions favorables, particulièrement des partis de droite et des eurosceptiques, à 100 jours des élections européennes.

« Au sein [de l'Union européenne], un nombre croissant d'électeurs partage ce même rejet, fondé sur les mêmes peurs », estime Jean-Yves Camus, chercheur, spécialiste des populismes, à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS).

En France, la présidente du Front national, Marine Le Pen, a estimé que les Suisses faisaient « preuve de beaucoup de bon sens ».

« J'aimerais bien qu'on les suive, d'ailleurs. Je pense que s'il y avait un référendum en France sur ce même sujet, les Français voteraient très largement pour l'arrêt de l'immigration de masse », a-t-elle déclaré sur les ondes d'Europe 1.

L'ancien premier ministre français François Fillon a indiqué qu'il était « parfaitement naturel » que la Suisse veuille diminuer le nombre d'étrangers sur son territoire, qui doit être, selon lui, modulé en fonction de la capacité à les intégrer.

En Grande-Bretagne, le chef du parti populiste et eurosceptique Ukip, Nigel Farage, a déclaré dimanche que le vote suisse était « une merveilleuse nouvelle pour les amoureux de la liberté et de la souveraineté nationale en Europe ».

L'immigration est au centre du débat politique britannique, où plus de trois citoyens sur quatre (77 %) sont partisans d'une baisse de l'immigration, selon un récent sondage.

Le porte-parole du premier ministre David Cameron a soutenu que le vote suisse reflète une « inquiétude grandissante » concernant la libre circulation en Europe.

M. Cameron prévoit organiser un référendum en 2017 sur la place du Royaume-Uni dans l'UE s'il est réélu.

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