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Québec pigera dans les infrastructures pour financer le transport en commun

10/02/2014 01:34 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le gouvernement Marois entend piger dans les budgets actuellement alloués à l'entretien des routes pour financer le maintien des actifs dans le transport collectif au Québec.

En dévoilant sa Stratégie nationale de mobilité, lundi à Montréal, le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, a indiqué que d'ici 2020, le montant des investissements dans les transports en commun passera de 3,7 milliards $ à 4,6 milliards $, soit en moyenne 924 millions $ par année.

Pour 2014-2015, le montant consacré au maintien des actifs dans le transport collectif devrait atteindre 969 millions $, soit 27,7 millions $ de plus qu'en 2013.

Ces sommes seront notamment utilisées pour la réalisation de travaux de réfection d'infrastructures de transport en commun ou pour remplacer des autobus déjà existants.

«Il faut cesser de voir une opposition entre la voiture et le transport collectif, a affirmé M. Gaudreault, en conférence de presse. Cette décision ne va pas affecter notre capacité à entretenir les infrastructures routières existantes.»

Ainsi, au cours des six prochaines années, la part du Plan québécois des infrastructures (PQI) qui sera consacrée aux transports collectifs passera de 21 à 27 pour cent, a indiqué le ministre des Transports.

La stratégie dévoilée par Québec veut accroître de 30 pour cent l'offre de service des transports en commun d'ici 2020, mais elle n'offre pas de solutions pour bonifier certains services, comme le train de banlieue.

Il en va de même en ce qui a trait aux moyens de générer de nouveaux revenus destinés aux transports collectifs, comme des hausses de taxes sur l'essence.

Pour ce faire, le gouvernement Marois mettra sur pied un chantier sur le financement du transport collectif en marge de l'entente Québec-municipalités afin de déterminer un nouveau cadre de financement qui pourrait s'appliquer dès 2015.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, le président de la Société de transport de Montréal (STM), Philippe Schnobb, et le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Bernard Généreux, ont tous salué l'ajout d'argent pour le transport collectif.

«Nous allons finalement faire la réflexion territoire par territoire pour aller chercher le financement proportionnellement nécessaire pour être en mesure de supporter ces initiatives», a commenté le président de la FQM.

MM. Coderre, Schnobb et Généreux reconnaissent cependant qu'à terme, il faudra trouver de nouveaux moyens de financement afin de bonifier l'offre de transport en commun au Québec.

«On ne peut pas seulement dépendre des taxes, a souligné le maire de Montréal. Il faut diversifier les stratégies de financement. Le chantier devrait nous permettre de le faire.»

C'est par ailleurs la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) qui devrait recevoir la majorité des sommes destinées à l'entretien des infrastructures de transport collectif.

«Des demandes il y en a dans toutes les régions, a souligné M. Gaudreault. Évidemment, 85 pour cent des déplacements en transports collectifs se font sur le territoire de la CMM. On peut s'attendre à ce que la part du lion lui revienne.»

La stratégie du ministre Gaudreault a été bien accueillie par les groupes écologistes, qui n'ont pas manqué de souligner que Québec devra trouver très prochainement de nouvelles sources de revenus.

Équiterre, Greenpeace et l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique estiment que les sommes dévoilées par le ministre Gaudreault lundi sont insuffisantes pour amorcer un véritable virage vers la mobilité durable.

De son côté, le porte-parole libéral en matière de transports, David Heurtel, a reproché au gouvernement Marois son incapacité à mettre de l'avant des mesures concrètes pour trouver de nouvelles sources de financement.

«On va encore parler via d'autres comités, a-t-il dénoncé. On annonce des sommes pour le transport collectif qui proviennent du réseau routier, qui a déjà été la cible de compressions. Quels projets vont être coupés davantage?»

Autres mesures

La gouvernance des agglomérations de Montréal et Québec-Lévis est également dans la mire du ministre Gaudreault, qui désire améliorer la gestion des services destinés aux utilisateurs.

«Nous allons modifier la Loi sur l'Agence métropolitaine de transport, a dit M. Gaudreault. Nous allons en profiter pour augmenter la représentativité des élus locaux sur son conseil d'administration.»

Le ministre des Transports souhaiterait notamment être en mesure d'instaurer un guichet unique pour l'information et la billetterie dans certains grands centres urbains.

«Je n'en reviens pas que dans la grande région métropolitaine on parle de près de 700 titres de transport différents, a-t-il souligné. C'est inacceptable.»

La Stratégie nationale de mobilité durable prévoit également une série d'autres mesures visant à bonifier le transport adapté, stimuler le transport actif (le vélo et la marche), le covoiturage et l'électrification des transports.

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