DIVERTISSEMENT
10/02/2014 11:27 EST | Actualisé 10/02/2014 11:30 EST

PyPy et son psychédélique Day

MONTRÉAL – Du no-wave, du punk psychédélique éclaté, du disco trash, de la distorsion, de lourdes envolées rock amusantes, de la liberté, du défoulement et une férocité vocale gracieuseté Annie-Claude Deschênes (chanteuse de Duchess Says) : voilà pour les présentations sommaires de PyPy (π π) ce «nouveau» groupe montréalais qui attire de plus en plus la curiosité des gens à l’approche de la parution de leur premier album intitulé Pagan Day.

«Il faut savoir que Roy [Vucino, guitariste et membre du collectif rock Red Mass, mais également collaborateur pour d’autres initiatives comme CPC Gangbangs et Les Sexareenos] et la bande de Duchess Says [groupe pour lequel elle chante avec une énergie quasi inégalée au Canada], nous avions déjà fait une chanson ensemble qui s’appelle Fire Baptized Species, explique Annie-Claude Deschênes dans un café du centre-ville de Montréal. Nous avons livré ce morceau plusieurs fois en show. C’était normal de pratiquer ensemble…»

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Pour créer PyPy, Roy Vucino s’est ainsi greffé au batteur Simon Besré, au bassiste-guitariste Philippe Clément et à la chanteuse Annie-Claude Deschênes, trois membres du groupe Duschess Says. Seul Ismaël Tremblay-Desgagnés (claviers, guitare, programmateur) n’est en fin de compte pas de la partie.

«Nous avions du fun, indique la chanteuse. Roy et moi étions aussi impliqués dans le groupe Les Enfants Sauvages, un projet de musique expérimentale. Bref, PyPy existait un peu dans l’ombre. Nous étions entre amis, sans aucune intention de créer des tounes et encore moins produire un album. C’était totalement free. Nous avions le goût du jam et des riffs, c’est tout.»

Bougie d’allumage

Dans le fond, ce désir d’improvisation et d’expérimenter fut la bougie d’allumage pour PyPy, qui continue de s’en nourrir pour aller de l’avant. À force de rencontres et de concerts (Divan Orange, l’Escogriffe bar/spectacle, lofts privés…), la gang de PyPy s’est un jour entendue (surtout pour passer à de nouvelles pièces, spécifie Vucino) pour archiver et, par la même occasion, enregistrer des chansons dans le studio de Jean-Michel Coutu à Montréal. Pour pas cher, l’opus était fini en un week-end.

« Au fil du temps, les gens ont entendu notre travail, dit Deschênes. C’est le cas de Slovenly Recordings (un label américain) avec qui nous sommes très heureux de travailler. Nous avons dû les [personnes de la direction] sortir de leur zone de confort par rapport à notre esthétique (plus punk inventif et moins rock traditionnel), mais ils semblent bien contents maintenant. Ils ont payé pour la fabrication et la distribution de l’album. Elzo Durt (un illustrateur et graphiste d’origine belge) s’est occupé de la pochette [...] À notre grande surprise, nous allons nous ramasser à faire des spectacles aux États-Unis, au Canada et même au Japon. »

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Les deux « psychedelic lords »

Dans cette approche créatrice sans contrainte, il n’est pas très étonnant d’apprendre que Roy Vucino et Annie-Claude Deschênes se sont partagés le micro durant l’enregistrement du disque. Il en sera de même en spectacle.

« C’est simple, nous chantons les morceaux que nous avons écrits », affirme Vucino. Cela dit, les textes sont assez absurdes. Mais même dans cet univers psychédélique, il faut les écrire et les interpréter! Les mots sont arrivés plus tard, quand les mélodies et les riffs étaient montés. Je dirais que cette manière de créer de PyPy remonte à mes rencontres avec Phil et Simon, il y a quelques années. Nous avions fait la trame sonore du film Fubar II (2010). Plus tard, nous avons continué dans le free et l’improvisation. Annie-Claude est arrivée par la suite. »

« PyPy est né d’un intérêt commun et de l’occasion d’avoir un local de pratique, ajoute Vucino. Le reste, nous avons tripé et échangé les instruments jusqu’à réaliser un jour que nous avions en main un long jeu. »

Duchess Says, autrement

Malgré toutes les couches sonores retrouvées (on croirait entendre des sons sortir d’un clavier sur certains passages) sur Pagan Day, le quatuor n'a utilisé que les outils classiques d’un groupe de rock : batterie, guitare, basse et voix. Durant l’enregistrement, la formule live était pour les membres une évidence : sans flafla, directe et spontanée.

«PyPy au fond, c’est un peu de Red Mass mélangé avec du Duchess Says plus posé, lancera en conclusion Annie-Claude Deschênes. Pour moi, c’est du rock non conventionnel, sans électro et en moins furieux.»

« On pense rarement à notre style, c’est intuitif, renchérit Vucino. Mais chose certaine, c’est plus léger que Duchess Says. Nous aimons l’absurde, les marionnettes, les fruits (il faut voir la pochette)… C’est moins sombre. Plus enfantin. Nous voulons que les gens s’amusent. »

«Avec PyPy, je ne voulais pas que ce soit comme Duchess Says, continue Deschênes. Je ne voulais pas proposer la même énergie. Je ne suis pas juste Duchess Says, même si j’adore le groupe (qui sortira un album à l’automne 2014). J’ai d’autres côtés en moi que j’ai envie d’exploiter. Je n’avais pas le goût de crier autant et d’être aussi pétée (rires). Mais bon, je danse quand même beaucoup!»

Ya Ya Ya rage-t-elle néanmoins avec vigueur et talent sur la pièce du même titre.

L’album sera disponible le 11 février.

Les musiciens de PyPy offriront un concert-lancement au Cercle de Québec, le 14 février, puis un second spectacle au TRH-Bar (ouais, ouais!) de la rue Saint-Laurent, à Montréal, le lendemain.

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