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Pakistan/dialogue: les talibans posent leurs conditions, nouvel attentat

10/02/2014 05:07 EST | Actualisé 11/04/2014 05:12 EDT

Les talibans pakistanais ont exigé lundi la libération de leurs prisonniers et le retrait des forces armées de leurs fiefs des zones tribales afin d'aller de l'avant dans les pourparlers de paix avec le gouvernement malgré un nouvel attentat meurtrier.

Ces conditions semblent a priori irréalistes pour les autorités pakistanaises qui avaient déjà refusé l'an dernier d'acquiescer à pareilles demandes des insurgés islamistes.

Ces demandes interviennent alors qu'un attentat suicide a tué quatre femmes près de Peshawar (nord-ouest) et après une rencontre ce weekend entre l'équipe de négociateurs des talibans et le commandement central des insurgés du Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), regroupement de factions islamistes armées, au Waziristan du Nord, une zone tribale près de la frontière afghane.

Les négociateurs sont rentrés lundi à Islamabad à bord d'un hélicoptère des autorités pakistanaises qui ont relancé à la surprise générale fin janvier le processus de paix avec les talibans après une série d'attaques meurtrières.

Au cours de cet entretien, les insurgés ont dit à leurs négociateurs que le retrait des forces armées des zones tribales et la libération de leurs milliers de prisonniers étaient un "test" afin d'aller de l'avant dans les pourparlers de paix qui ont débuté jeudi dernier, a indiqué à l'AFP un commandant taliban sous couvert de l'anonymat.

Les négociateurs talibans ont aussi fait part aux insurgés des principales demandes formulées la semaine dernière par le gouvernement qui tient mordicus à l'arrêt des violences durant les négociations et à circonscrire les pourparlers au "cadre" de la Constitution et aux zones tribales.

Les insurgés veulent imposer leur version de la loi islamique (charia) sur l'ensemble du Pakistan, pays de plus de 180 millions d'habitants dont les lois doivent en théorie respecter l'esprit de la religion musulmane sans que cela ne se traduise par l'imposition de la charia.

"Nous avons eu une réponse positive des talibans (à propos des demandes du gouvernement, ndlr)", a déclaré lundi le négociateur en chef des insurgés, le mollah Sami ul-Haq.

"Je ne peux pas dévoiler les détails. Il en va de l'intérêt national, je demande donc à tout le monde de faire preuve de patience... Nous avons une chance de mettre fin à ce bain de sang", a-t-il ajouté, précisant qu'une rencontre avec les médiateurs du gouvernement était prévue au cours des prochains jours.

Depuis la création du TTP en 2007, plus de 6.600 personnes ont perdu la vie dans des attentats au Pakistan.

Un nouvel attentat suicide a d'ailleurs tué quatre femmes lundi près de Peshawar, grande ville du nord-ouest du pays, à la porte de l'Afghanistan, ce qui alimente les doutes sur l'issue des pourparlers entre le gouvernement et les insurgés.

Des personnes déplacées par des combats entre l'armée et les insurgés dans les zones tribales assistaient à des funérailles lorsqu'elles ont aperçu trois kamikazes présumés s'approcher des lieux, selon Najeeb Ur Rehman, haut responsable de la police locale.

Les assaillants ont pris la fuite, "mais l'un d'eux est entré dans une maison et s'est fait exploser", tuant quatre femmes et blessant six autres personnes, a-t-il ajouté à propos de cette attaque qui n'a pas été revendiquée.

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