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Marie-Michèle Gagnon se luxe l'épaule mais n'abandonne pas les JO

10/02/2014 08:19 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT
Alexis Boichard/Agence Zoom via Getty Images
SOCHI, RUSSIA - FEBRUARY 10: (FRANCE OUT) Marie-Michele Gagnon of Canada competes during the Alpine Skiing Women's Super Combined at the Sochi 2014 Winter Olympic Games at Rosa Khutor Alpine Centre on February 10, 2014 in Sochi, Russia. (Photo by Alexis Boichard/Agence Zoom/Getty Images)

KRASNAÏA POLIANA, Russie - Le super-G? Ce sera peut-être un peu juste. Mais si le pronostic des médecins est exact, Marie-Michèle Gagnon pourra disputer le slalom géant et le slalom des Jeux olympiques de Sotchi malgré la luxation à l'épaule gauche qu'elle a subie lors du super-combiné.

«La bonne nouvelle, c'est que l'épaule s'est bien replacée et elle n'a subi aucune fracture, ni dommage important», a indiqué Hugues Ansermoz, l'entraîneur-chef de l'équipe canadienne féminine de ski alpin, lors d'un entretien avec La Presse Canadienne.

«Les 24 prochaines heures seront importantes pour le diagnostic final, alors qu'on observera la vitesse de guérison de son épaule. Mais les médecins étaient très positifs, alors que ceux-ci sont habituellement prudents dans leurs pronostics, alors ç'a rassuré Marie-Michèle et ç'a lui a vite redonné sa bonne humeur.

«Ils ont dit que le super-G arriverait peut-être un peu trop vite, mais qu'elle pouvait envisager de disputer les épreuves techniques.»

Le super-G dames se déroulera samedi, tandis que le slalom géant suivra mardi le 18 février et le slalom, trois jours plus tard. Même si Gagnon a commencé cette saison à disputer régulièrement des courses de vitesse, elle demeure pour l'instant une spécialiste des épreuves techniques.

«Je veux montrer qu'on peut surmonter des obstacles et accomplir de grandes choses, a dit Gagnon dans un communiqué émis par la délégation canadienne. Je suis revenue sur les pentes rapidement après une blessure dans le passé, et j'espère être capable de le refaire. C'est décevant pour la course d'aujourd'hui, mais je souhaite au moins participer aux épreuves techniques (slalom géant et slalom).»

Ansermoz a précisé que la skieuse devait de toute manière profiter de deux journées de congé et qu'elle sera constamment accompagnée du physiothérapeute lors des 48 prochaines heures.

«Si tout va bien, elle pourrait être de retour sur les skis jeudi, puis vendredi matin, et on verra alors ce qu'il en est (pour le super-G). Nous prendrons une décision à ce moment-là.

«Mais ce n'est pas la priorité. Les épreuves techniques le sont davantage.»

Outre la luxation, Gagnon a subi une contusion au quadriceps de la cuisse gauche alors qu'elle participait à la manche de slalom du super-combiné, lundi. L'athlète de Lac-Etchemin a emjambé une porte, plongé vers l'avant et perdu le contrôle de ses skis, chutant sur ceux-ci. Elle tenait son bras gauche en se relevant.

«Elle avait l'épaule déboîtée et les médecins présents l'ont remise en place, ce qui a pris de cinq à 10 minutes. Ils lui ont mis des pansements afin d'immobiliser l'épaule et Marie-Michèle a skié jusqu'en bas de la piste afin de se rendre au stationnement, où elle a été transportée en ambulance.»

Gagnon s'est retrouvée à la polyclinique du village des athlètes en montagne, situé à quelques minutes du centre alpin Rosa Khutor.

Gagnon occupait le 21e rang après la première manche du super-combiné, une descente. Son chrono d'une minute et 45,39 secondes l'a laissée à 2,71 secondes de Julia Mancuso, la meneuse au classement provisoire. La Québécoise de 24 ans comptait sur la manche de slalom pour combler son retard, comme elle l'avait fait le 12 janvier, quand elle avait remporté un super-combiné de la Coupe du monde.

La chute de Gagnon n'est pas attribuable à une trop grande combativité, selon Ansermoz.

«C'est un endroit assez difficile et puisqu'elle est plus rapide que la plupart des autres skieuses, elle y est arrivée avec plus de vitesse, a dit Ansermoz de l'endroit où la chute est survenue. Son ski a accroché le mauvais côté de la porte, c'était une question d'un centimètre ou deux. Elle est tombée sur le bras, ce qui a provoqué la luxation.»

Gagnon sera en état de skier avant la fin des JO, mais elle ne sera pas guérie à 100 pour cent, a reconnu Ansermoz. C'est maintenant sa capacité à faire abstraction de l'état de son épaule qui déterminera si elle a encore des chances de médailles.

«Physiquement, cela affectera surtout sa capacité à pousser sur ses bâtons au départ, a expliqué l'entraîneur. Après, sur le parcours, il faudra faire attention à la position de ses bras. Les médecins ont expliqué que de la façon dont son épaule est déboîtée, le seul problème qu'elle pourrait avoir, c'est si elle recule le bras comme si elle allait lancer une balle. Elle devra éviter les mouvements vers l'arrière.»

En pleine santé, Gagnon aurait eu des chances relativement minces, quoique légitimes, d'aspirer à une médaille. Ce n'est que cette saison qu'elle a commencé à faire preuve de constance dans ses résultats.

«Selon moi, elle arrivera au sommet de son potentiel dans une année ou deux, a affirmé Ansermoz. Mais ça n'empêche pas qu'à son niveau actuel, elle se trouve au rang des skieuses capables d'accéder au podium lorsqu'elle connaît une bonne journée.

«Connaissant Marie-Michèle, elle sera prête à tout donner. Elle a toujours dû travailler très fort pour les progrès qu'elle a faits, et elle continue de le faire.»

L'Allemande Maria Hoefl-Riesch a remporté le super-combiné de lundi, devant l'Autrichienne Nicole Hosp et l'Américain Mancuso.

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