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Mali: les terroristes ne seraient pas en cause dans la mort de 31 personnes

10/02/2014 06:36 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

BAMAKO, Mali - Les affrontements qui ont fait 31 victimes la semaine dernière dans le nord du Mali semblent avoir eu lieu entre des membres des communautés touareg et peul et ne constituent pas une attaque terroriste contrairement à ce qu'affirme le gouvernement malien, ont soutenu lundi un représentant de l'ONU et une porte-parole de l'organisation Human Right Watch.

Dimanche soir, le ministre malien de la Sécurité, Sada Samaké, a soutenu sur les ondes de la télévision d'État que des insurgés liés à Al-Qaïda avaient pris en embuscade jeudi deux véhicules transportant plusieurs civils. Selon le réseau télévisé, 25 personnes ont été tuées dans cette embuscade de même que six autres dans un camp touareg à proximité. Le massacre s'est produit à plus d'une centaine de kilomètres à l'est de Gao, près de la frontière avec le Niger.

Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), blâmé par le ministre dans cette affaire, contrôlait la ville lorsque le nord du Mali est tombé aux mains d'insurgés islamistes après un coup d'État de l'armée, en mars 2012. L'intervention militaire française, en janvier 2013, avait contribué à repousser ces extrémistes des villes du nord malien.

Lundi, le porte-parole des Nations unies Olivier Salgado a réitéré la position énoncée plus tôt par l'organisation dans un communiqué qui soulignait que les violences étaient le fait «d'affrontements intercommunautaires» — déjà observés dans la région par le passé —, et que les forces maliennes avaient arrêté les suspects.

Une chercheuse du groupe Human Rights Watch, Corinne Dufka, a de son côté indiqué que des sources dans la région affirment que les propos du ministre Samake sont erronés.

Dans un incident distinct, lundi, un porte-parole de la Croix-Rouge a rapporté que l'organisation était sans nouvelles d'une équipe de cinq personnes dépêchée dans le nord du Mali depuis ce week-end.

Jean-Yves Clemenzo a précisé que les derniers contacts du Comité international de la Croix-Rouge avec l'équipe remontait à samedi matin. Le véhicule a disparu plus tard en journée, alors qu'il circulait entre les villes de Kidal et de Gao.

Quatre employés maliens du CICR se trouvaient à bord du véhicule, de même qu'un cinquième homme qui avait récemment «suivi une formation» auprès de l'organisation, a-t-il ajouté.

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