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L'Espagne facilite la naturalisation des descendants de juifs persécutés

10/02/2014 12:02 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

L'Espagne va adopter une loi qui facilite la naturalisation des descendants de juifs séfarades expulsés du pays en 1492, a indiqué lundi une porte-parole du ministère de la Justice.

Toutefois, le projet de loi adopté vendredi par le gouvernement, "prendra encore du temps" avant d'être transmis au Parlement et approuvé, a indiqué cette porte-parole.

Le texte devrait être voté sans problème, le Parti populaire, de droite, disposant de la majorité absolue au Parlement.

Le projet de loi vise à modifier le Code civil pour faciliter l'obtention de la nationalité espagnole, quel que soit le pays d'origine, dès lors que la personne peut prouver qu'elle est issue de la communauté séfarade, notamment par un certificat de l'Etat civil ou d'un rabbin.

Le fait d'être séfarade est reconnu comme "circonstance exceptionnelle de lien avec l'Espagne" qui donne droit à une naturalisation. Toute personne concernée pourra conserver sa nationalité d'origine alors qu'auparavant les personnes originaires de certains pays devaient y renoncer.

Le texte "souligne les liens spéciaux entre entre la communauté séfarade et l'Espagne depuis son expulsion en 1492", a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

"C'est une reconnaissance historique de ce qui s'est passé il y a plus de 500 ans quand les juifs d'Espagne ont été formellement expulsés ou tués s'ils refusaient de se convertir au catholicisme", s'est félicité dans un communiqué Malcom Hoenlein, à la tête de la Conférence des présidents qui représentent 50 organisations juives internationales.

"Les juifs séfarades restent proches de leur héritage, de leurs habitudes et traditions où qu'ils soient dans le monde", a-t-il ajouté.

En 1492, les Rois catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon, ordonnèrent l'expulsion de tous les Juifs qui refuseraient de se convertir au catholicisme.

Il est difficile d'établir le nombre des personnes qui pourraient demander à bénéficier de la nouvelle mesure, avait déclaré le ministre de la Justice, Alberto Ruiz-Gallardon, en présentant son projet en novembre 2012. Il avait toutefois signalé que selon des études, il y a actuellement dans le monde environ 250.000 personnes qui parlent le dialecte judéo-espagnol.

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