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Les manifestations se poursuivent en Bosnie-Herzégovine

10/02/2014 12:58 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

SARAJEVO, Bosnie-Herzégovine - Des milliers de personnes sont descendues dans les rues d'une dizaine de villes de Bosnie-Herzégovine, lundi, pour réclamer le remplacement des politiciens par des experts impartiaux qui pourraient s'attaquer plus efficacement à un taux de chômage qui atteint 40 pour cent et à une corruption endémique.

Il s'agissait de la sixième journée consécutive des pires manifestations à frapper ce pays balkanique depuis la fin de la guerre 1991-1995, qui a fait quelque 100 000 morts.

«Mon père, ma mère et mon frère sont sans emploi, a dit une enseignante de 34 ans qui gagne 10 $ US par jour en tant que serveuse. J'en ai assez!»

Deux personnes âgées agitaient une bannière sur laquelle on pouvait lire que le salaire mensuel d'un politicien équivaut à quatre années de rentes de retraite moyennes. Les manifestants ont accusé des politiciens grassement payés d'être obsédés par les querelles ethniques.

«Ils vivent dans un monde différent, ils sont complètement déconnectés du peuple», a dit Anes Podic, un ingénieur informatique sans emploi stable.

Des manifestants se rassemblent quotidiennement près du siège de la présidence dans la capitale, Sarajevo, et dans une dizaine d'autres villes. Ils ont incendié la présidence et d'autres édifices vendredi et un graffiti prévenait, «Celui qui sème la faim récolte la colère».

Les gouvernements régionaux de cinq villes, dont Sarajevo, ont démissionné bien avant les élections prévues en octobre.

L'entente de paix qui a mis fin à la guerre a donné naissance à un système politique complexe qui voit quelque 4 millions de Bosniens être gouvernés par plus de 150 ministères. La corruption est endémique tandis que les impôts élevés minent le pouvoir d'achat. Un Bosnien sur cinq vit sous le seuil de la pauvreté.

Une politologue au chômage, Svjetlana Nedimovic, a accusé l'Union européenne (UE) — dont les 28 ministres des Affaires étrangères ont discuté de la situation en Bosnie lundi —, d'avoir tourné le dos à son pays malgré le soutien de l'organisation aux manifestants en Ukraine.

«Nous avons essayé les élections, les manifestations pacifistes. Rien n'a marché. Tous ceux qui nous ont enseigné la démocratie se retirent», a-t-elle déploré.

À Bruxelles, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a exhorté les autorités à garantir le droit des manifestants de protester pacifiquement et à répondre aux demandes de la population.

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