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JO-2014 - Missiles et forces spéciales veillent discrètement dans les montagnes de Sotchi

10/02/2014 04:28 EST | Actualisé 11/04/2014 05:12 EDT

Dans les montagnes au-dessus de Sotchi, des forces spéciales et des missiles de défense antiaérienne se fondent dans le décor très sécurisé entre sapins, pistes enneigées et anneaux olympiques.

Des hommes en tenue de camouflage se confondant avec la neige (là où il y en a) apparaissent à proximité de petites tentes blanches entre quelques arbres non loin des pistes de ski des jeux Olympiques.

En descendant d'une télécabine à environ 1.000 m d'altitude à la station de Laura, site des compétition de ski de fond et de biathlon, propriété du groupe public russe Gazprom, le visiteur aperçoit une batterie de missiles de couleur kaki et un radar tournant sur lui-même, adossé à des tentes de militaires.

Il faut s'avancer près d'une clôture et regarder de près pour apercevoir ces installations qui ne sautent pas aux yeux des nombreux spectateurs empruntant les télécabines pour assister aux épreuves sportives.

Ceux qui aperçoivent ces équipements insolites immortalisent souvent la scène avec leur smartphone ou tablette électronique. D'autres ne les remarquent pas comme ces deux jeunes femmes qui se prennent en photo avec la montagne en toile de fond, et les missiles.

"Beaucoup de militaires cachés dans la montagne"

Le vice-Premier ministre russe Dmitri Rogozine avait annoncé fin 2013 que de nouveaux systèmes de missiles sol-air Pantsir-S, destinés à protéger les sites militaires et civils (centrales nucléaires, grandes usines, sites sensibles) seraient déployés à Sotchi pour la sécurité des JO.

Des mesures sans précédent dans l'histoire olympique ont été prises pour assurer la sécurité de ces Jeux, afin de faire face aux menaces d'attentat lancées par des islamistes du Caucase du Nord, région qui abrite d'instables petites républiques, à quelques centaines de kilomètres de Sotchi.

Les policiers, militaires, et agents spéciaux disséminés en nombre dans la montagne veillent discrètement sur les sites olympiques.

Seuls quelques militaires et un camion kaki estampillé FSB Russie (Service fédéral de sécurité, l'ex-KGB) sont visibles en contrebas, à quelques centaines de mètres du complexe de biathlon, "mais il y a beaucoup de militaires cachés dans la montagne", affirme à l'AFP un employé d'une société publique russe. Ils étaient plus visibles avant le début des Jeux.

Sur les routes, la circulation en montagne et à Sotchi a été restreinte et filtrée dès le 7 janvier, soit un mois avant le coup d'envoi des JO.

Dans la montagne, des policiers déployés à intervalles réguliers surveillent le trafic sur la seule route qui mène à Rosa Khoutor, où ont lieu les épreuves de ski alpin, freestyle et snowboard.

L'itinéraire est très fréquenté, mais les véhicules sont en grande majorité des bus de l'organisation des JO assurant la navette entre les différents sites, et des voitures estampillées Sotchi 2014.

Pour accéder aux sites olympiques, tous les visiteurs doivent passer sous des détecteurs de métaux et se soumettre à des contrôles qui sont parfois plus poussés que dans les aéroports.

"Pas pratiques mais efficaces"

Autre signe de discrétion, les policiers qui effectuent les contrôles portent des uniformes violets de l'organisation donnant l'impression aux non initiés qu'il pourrait s'agir de volontaires. Les habitués des compétitions olympiques estiment que la sécurité n'est pas plus présente qu'à Londres en 2012 ou Vancouver, aux précédents JO d'hiver en 2010.

Ces mesures de sécurité draconiennes entraînent des files d'attente pour accéder aux sites olympiques, dans la montagne ou dès les gares de la ville qui desservent les sites de montagne.

"Les contrôles sont difficiles mais c'est bien fait", déclare à l'AFP Jon Fanebust, un supporteur norvégien au visage bariolé du drapeau national, monté à la gare "village olympique" en face du pôle mer des JO, pour rejoindre le pôle montagne.

Ces contrôles ne sont "vraiment pas pratiques mais efficaces", lancent deux jeunes Américaines en courant vers la télécabine pour assister à des épreuves.

La porte-parole de l'organisation a encouragé dimanche les spectateurs à arriver suffisamment à l'avance pour anticiper le temps passé sur les contrôlés de sécurité et ainsi, ne pas rater le début des épreuves.

bfi/pga/el

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