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Human Rights Watch accuse le Maroc de maltraiter les migrants subsahariens

10/02/2014 10:24 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

RABAT, Maroc - Le Maroc continue à maltraiter les migrants, et surtout ceux qui tentent de rejoindre des enclaves espagnoles le long de sa côte, même après avoir annoncé une nouvelle politique d'immigration plus humanitaire l'an dernier, a prévenu lundi Human Rights Watch.

Des migrants qui ont tenté de pénétrer dans l'enclave de Melilla ont ainsi raconté à l'organisme new-yorkais de défense des droits de la personne avoir été ligotés et battus par les forces de l'ordre marocaines.

«Nous ne demandons pas au Maroc d'adopter de nouvelles initiatives, a dit Eric Goldstein, le directeur adjoint de la division nord-africaine de HRW. Nous demandons simplement le respect des ententes déjà en place.»

Environ 25 000 migrants provenant de l'Afrique subsaharienne vivent illégalement au Maroc. Le pays a annoncé, en septembre, une nouvelle politique d'immigration qui prévoit un plus grand respect des droits de la personne.

L'Europe, de son côté, encourage le Maroc à faire encore plus pour intercepter les migrants qui tentent d'entrer sur son territoire.

Les corps de sept migrants noyés ont été retrouvés la semaine dernière près de l'enclave espagnole de Ceuta, après que des centaines d'entre eux aient tenté d'y entrer par la force. Des témoins affirment que les forces espagnoles ont utilisé des balles de caoutchouc.

«Nous sommes outrés par cette tragédie et nous espérons qu'il y aura une enquête concernant des mesures de sécurité qui, selon les témoins, incluaient le recours aux balles de caoutchouc», a dit la chercheure principale de HRW, Katya Salim.

HRW affirme que le Maroc semble avoir cessé d'expulser les migrants vers l'Algérie. Ils seraient plutôt transportés par autobus vers d'autres villes marocaines et abandonnés sur place.

Une organisation humanitaire confirme que, depuis décembre, des migrants subsahariens sont régulièrement abandonnés dans la région de la capitale; 60 migrants auraient été laissés dans un quartier lundi en plus de 42 vendredi, dont certains qui avaient été blessés lors des affrontements de Ceuta.

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