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Égype: l'ancien président Mohammed Morsi juge les manifestations «inutiles»

10/02/2014 05:10 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - L'ancien président de l'Égypte Mohammed Morsi a qualifié «d'inutiles» les manifestations de ses partisans et la violente répression contre eux lors d'une conversation privée avec l'un de ses avocats.

Un extrait enregistré de cet entretien aurait été révélé par des responsables afin de prouver à la population que le président islamiste déchu ne croit pas que les protestations puissent le ramener au pouvoir, ont indiqué sous couvert de l'anonymat deux représentants des forces de l'ordre.

Pendant cette conversation, qui aurait été enregistrée entre le 1er et le 5 février, M. Morsi interroge son avocat sur la situation dans les rues du Caire. Mohammed Salim el-Awah lui répond que les affrontements se poursuivent mais qu'il n'en ressort rien de productif et que des négociations devraient être tenues.

Un autre avocat de M. Morsi, Mohammed el-Damati, a dénoncé l'enregistrement, dont des segments ont été publiés dans le quotidien «Al-Watan». Il a affirmé qu'il s'agissait d'une violation de la vie privée et des droits constitutionnels de l'ancien président et menacé d'intenter une poursuite.

L'été dernier, à la suite de plusieurs manifestations exigeant sa démission, M. Morsi avait été chassé du pouvoir par un coup d'État de l'armée. Il a été détenu pendant quatre mois dans un lieu gardé secret puis transféré dans une prison à sécurité élevée près d'Alexandrie, sur le bord de la mer Méditerranée.

Les manifestations organisées par les Frères musulmans pour demander le retour du président déchu ont donné lieu à plusieurs affrontements violents entre ses partisans et les forces de l'ordre. L'ampleur des protestations a depuis faibli, notamment en raison des centaines de victimes qu'ont fait ces heurts et de l'incarcération de milliers de têtes dirigeantes et de partisans des Frères musulmans.

Dans l'enregistrement, M. el-Awah souligne que les manifestations ne donnent pas de résultats.

«C'est inutile pour les deux camps. Comment ferons-nous cesser toutes ces morts? Il y en a trop», lui répond l'ancien président.

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