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Egypte: procès le 20 février de journalistes d'Al-Jazeera

10/02/2014 01:36 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

Le procès de journalistes du réseau satellitaire Al-Jazeera accusés d'avoir diffusé "de fausses nouvelles" et de soutenir les Frères musulmans, mouvement banni par les autorités, va s'ouvrir le 20 février en Egypte, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

Le parquet égyptien avait annoncé le 30 janvier que 20 "journalistes d'Al-Jazeera" allaient prochainement être jugés. Il avait précisé que 16 reporters égyptiens étaient accusés d'appartenance à une "organisation terroriste" et quatre étrangers --deux Britanniques, un Australien et une Néerlandaise-- de leur avoir fourni "argent, équipements et informations" afin de "diffuser de fausses nouvelles" faisant croire à une "guerre civile dans le pays".

Sur les 20 accusés, seuls huit sont détenus, les autres étant recherchés par les autorités, avait indiqué le parquet.

Al-Jazeera, basée au Qatar, a toutefois affirmé que seuls neuf des 20 accusés travaillaient pour la chaîne.

Un des quatre journalistes étrangers cités dans cette affaire, la Néerlandaise Rena Netjes, a fui l'Egypte le 4 février. Mme Netjes a affirmé n'avoir jamais travaillé pour Al-Jazeera et qualifié les accusations à son encontre de "ridicules".

Figurent également parmi les accusés l'Australien Peter Greste, l'Egypto-Canadien Mohamed Adel Fahmy et l'Egyptien Baher Mohamed, trois journalistes de la chaîne satellitaire, qui avaient été arrêtés le 29 décembre dans un hôtel du Caire.

Les accusés étrangers encourent jusqu'à sept ans de prison et les Egyptiens 15 ans.

Après la destitution du président islamiste Mohamed Morsi le 3 juillet par l'armée, les nouvelles autorités se sont lancées dans une sanglante répression de ses partisans.

Et elles n'ont pas du tout apprécié la façon dont Al-Jazeera a couvert les événements, l'accusant de prendre fait et cause pour les Frères musulmans, désignés en décembre comme "groupe terroriste" par les autorités égyptiennes.

La chaîne satellitaire, en froid avec les nouvelles autorités dirigées de facto par l'armée, a dénoncé des "accusations idiotes et infondées" contre ses reporters.

Amnesty International a déploré pour sa part un "revers majeur pour la liberté de la presse" qui "envoie le message effrayant qu'aujourd'hui, une seule version des faits est acceptable en Egypte: celle autorisée par les autorités".

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