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Couillard revient à la charge pour exiger un budget avant les élections

10/02/2014 02:34 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Le chef libéral Philippe Couillard est revenu à la charge, lundi, pour exiger du gouvernement Marois qu'il dépose un budget avant de déclencher des élections générales.

En point de presse, il a mis au défi la première ministre Pauline Marois de s'engager à ne pas déclencher d'élections générales avant le dépôt d'un budget.

«Les Québécois ont le droit de savoir la vérité avant les élections», a-t-il répété.

La semaine dernière, lorsqu'elle a été interrogée sur le sujet, Mme Marois a affirmé qu'elle ne fermait aucune porte, se réservant le privilège de déposer ou non un budget, dans l'éventualité d'élections générales hâtives.

De son côté, M. Couillard ne s'engage d'aucune façon à voter en faveur du budget, si le gouvernement choisit d'en déposer un. Il estime même très probable que son équipe votera contre. Si les deux principaux partis d'opposition votent contre le prochain budget, le gouvernement minoritaire de Mme Marois sera défait.

«On va lire le budget, on va l'analyser, on vous fera part de notre décision par la suite, s'il y a un budget», a dit M. Couillard, qui juge inacceptable de laisser flotter ne serait-ce que la possibilité de voir le Québec aller en élections générales sans budget et sans livre de crédits.

Pour appuyer le prochain budget du gouvernement, l'opposition libérale place la barre très haut, tellement qu'un vote favorable paraît difficilement concevable. M. Couillard demande notamment au gouvernement de s'engager, malgré un déficit élevé, à limiter la hausse des tarifs d'Hydro-Québec au taux d'inflation, à ne décréter aucune hausse d'impôt ou de taxe, à présenter des mesures de stimulation de l'emploi, à abandonner le régime de redevances minières et à déposer un plan de retour à l'équilibre budgétaire.

«Les contribuables, ils en ont plein la soupe», a illustré le chef libéral, en plaidant en faveur d'un répit fiscal pour les contribuables.

Quant à lui, il refuse de préciser ses engagements en termes d'échéance du déficit zéro, tant qu'il n'aura pas pris connaissance de la situation financière réelle du Québec. Son objectif demeure d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2014-2015.

«Quand on aura les chiffres crédibles devant nous, nous, on vous fera part de notre stratégie pour le retour à l'équilibre», a-t-il ajouté.

À ce propos, il attend les observations du vérificateur général, qui doit présenter sous peu son analyse de la mise à jour financière et économique déposée l'automne dernier par le ministre des Finances, Nicolas Marceau. Pour l'année en cours, le déficit devrait atteindre 2,5 milliards $.

M. Couillard aura désormais une nouvelle tribune pour critiquer le gouvernement: il fait sa rentrée parlementaire, mardi, à titre de chef de l'opposition officielle et député d'Outremont. Il a dit éprouver «une bonne nervosité» devant la perspective de jouer le rôle de celui qui devra chaque jour, en Chambre, demander des comptes à la première ministre sur sa gouverne. «Ça me met dans un état de fébrilité que j'aime ressentir», a dit celui qui a quitté l'Assemblée nationale en 2008, après cinq ans comme ministre de la Santé.

De son côté, la Coalition avenir Québec a demandé au gouvernement Marois de ramener les finances publiques et l'économie à l'avant-plan des priorités politiques. En point de presse, le porte-parole en matière de finances et député de Lévis, Christian Dubé, a dit que son parti était le seul capable de relancer l'économie et de donner un répit fiscal aux contribuables.

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