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Charles Lapointe, ex-pdg de Tourisme Montréal, défend sa gestion

10/02/2014 04:01 EST | Actualisé 12/04/2014 05:12 EDT

QUÉBEC - Expliquant qu'il avait représenté Tourisme Montréal «avec panache», l'ex-pdg de l'organisme Charles Lapointe a attribué lundi certaines de ses dépenses injustifiées à des erreurs d'inattention ou d'inadvertance.

Devant une commission parlementaire, M. Lapointe a expliqué qu'il aurait dû prêter une plus grande attention à ses conditions qui prévoyaient à la fois une voiture de fonction ainsi qu'une allocation annuelle de 10 800 $ pour l'utilisation d'un véhicule, une situation qui a perduré pendant sept ans.

«Si j'avais lu mon contrat plus attentivement, j'aurais pu éviter cette erreur», a-t-il dit, en rappelant que, placé récemment devant ces faits, il avait remis un total de 72 000 $ à l'organisme sans but lucratif qui l'a employé pendant 24 ans, jusqu'à l'été dernier.

Concernant des dons de 64 000 $ qui lui ont été remboursés par Tourisme Montréal alors qu'il utilisait également cette somme pour réduire son revenu dans sa déclaration d'impôt, M. Lapointe a affirmé qu'il ignorait cette situation, corrigée depuis auprès du fisc.

«Ça été fait par inadvertance et ça été fait d'une façon inappropriée, je l'admets, mais ça a été une erreur due à l'ignorance et à la négligence», a-t-il dit.

À la suite du dépôt d'un rapport accablant du vérificateur général, en novembre, M. Lapointe a été entendu par les députés, à qui il a expliqué lundi que son poste de «vendeur en chef de la destination touristique montréalaise» nécessitait beaucoup de déplacements, voyages, rencontres, repas, réunions, réceptions, conférences et discours.

Pour justifier sa rémunération de près de 400 000 $ par année et sa prime de départ de 654 000 $, jugées excessives par le vérificateur général Michel Samson, M. Lapointe a soutenu que Tourisme Montréal, dont l'essentiel du budget provient d'une taxe sur l'hébergement, avait une culture d'entreprise privée.

«J'ai fait mon travail avec passion, constance et, je pense, compétence, a-t-il dit. J'ai représenté Montréal avec panache. Je crois que c'est ce que Montréal mérite.»

M. Lapointe a affirmé que l'ancien président du conseil d'administration de Tourisme Montréal, Jacques Parisien, était théoriquement chargé d'approuver ses dépenses.

«Dans le cas de mes propres comptes de dépenses, ces comptes de dépenses-là devaient être approuvés par le président du conseil, a-t-il dit. Est-ce que ça a toujours été fait, je ne le sais pas.»

Entendu à son tour par les parlementaires, M. Parisien a soutenu qu'il n'était pas informé du détail des dépenses de M. Lapointe, qui bénéficiait d'un budget de représentation décidé par les administrateurs bénévoles de l'organisme.

«On lui donnait une enveloppe qui lui permettait de faire son travail, a-t-il dit. S'il se tenait à l'intérieur de cette enveloppe, pour nous, ça nous satisfaisait. Le détail de l'enveloppe ne venait pas jusqu'à nous. Normalement, c'est lui qui aurait dû gérer le détail de son enveloppe et se comporter adéquatement.»

L'ancien président du c.a, qui a démissionné précipitamment après la publication du rapport du vérificateur, a affirmé que l'analyse des frais réclamés par M. Lapointe relevait de la direction des finances

«Normalement un directeur des finances, dans un environnement normal, si jamais il y a un problème récurrent en plus, il allume une lumière rouge, a-t-il dit. Or, personne n'a allumé la lumière rouge et il aurait pu l'allumer à bien des endroits.»

Concernant la rémunération de M. Lapointe, M. Parisien a exposé qu'elle se situe dans la médiane de postes comparables et que de telles conditions étaient nécessaires pour maintenir Montréal dans la course pour attirer les touristes.

«On s'est contenté de la médiane, avec des comparables adéquats, des organisations de notre grosseur, de notre budget, notre dynamisme, notre plan d'affaires», a-t-il dit.

Tout en soutenant que Tourisme Montréal est un organisme sans but lucratif privé financé par les revenus de la taxe d'hébergement, versée par l'agence du revenu du Québec, M. Parisien a admis que la situation n'est pas claire.

«Je pense qu'on est à la croisée des chemins et effectivement on s'oriente plus vers un statut où c'est clairement défini que c'est public et que ça doit avoir toute la transparence qui va avec le statut public», a-t-il dit.

Le ministre délégué au Tourisme, Pascal Bérubé, a déclaré devant la commission que l'entente de partenariat avec Tourisme Montréal sera révisée.

«La relation ne sera plus jamais la même, c'est clair qu'on va demander des informations supplémentaires, davantage de transparence, davantage d'informations, une assurance que les fonds sont utilisés de façon adéquate», a-t-il dit.

M. Bérubé a évoqué une baisse de la rémunération du pdg pour qu'elle corresponde à celle d'autres dirigeants, comme celui du Palais des congrès de Montréal.

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