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Un ex-ministre élu gouverneur de Tokyo lors d'un vote divisé sur le nucléaire

09/02/2014 06:41 EST | Actualisé 11/04/2014 05:12 EDT

TOKYO - Un ancien ministre japonais de la Santé soutenu par le parti au pouvoir a été élu gouverneur de Tokyo dimanche, défaisant deux candidats qui avaient axé leur campagne sur la fin de l'énergie nucléaire.

La victoire de Yoichi Masuzoe a été annoncée par la télévision publique NHK quelques minutes après la fermeture des bureaux de vote. M. Masuzoe, âgé de 65 ans, est apparu souriant devant les caméras, entouré de partisans qui scandaient «Banzaï!». Il a promis de faire de Tokyo «la ville numéro un du monde».

L'élection du gouverneur de la capitale japonaise était largement considérée comme un test de l'opinion publique sur l'énergie nucléaire, après le désastre de la centrale de Fukushima, en mars 2011.

Mais le camp antinucléaire était divisé entre deux candidats: l'ex-premier ministre Morihiro Hosokawa et l'avocat Kenji Utsunomiya, connu pour sa défense des droits de la personne.

M. Masuzoe a été élu avec environ 30 pour cent des voix, selon les sondages menés à la sortie des urnes par NHK. MM. Hosokawa et Utsunomiya ont obtenu environ 20 pour cent des voix chacun, ce qui laisse croire que s'ils avaient fait campagne ensemble contre le nucléaire, l'un d'eux aurait pu être élu. Les résultats officiels ne seront pas connus avant lundi.

M. Masuzoe était soutenu par le premier ministre Shinzo Abe, qui veut relancer les 50 réacteurs nucléaires du Japon mis à l'arrêt après la catastrophe de Fukushima. M. Hosokawa était appuyé par l'ancien premier ministre Junichiro Koizumi, qui faisait campagne pour l'abandon total de l'énergie nucléaire.

Selon Tetsuro Kato, professeur de science politique à l'université Waseda de Tokyo, le vote antinucléaire a souffert parce que les électeurs avaient le choix entre deux candidats similaires.

«Cela aurait pu être un vote clé sur l'énergie nucléaire et pas seulement sur la politique municipale», a-t-il expliqué. «Mais ceux qui faisaient campagne pour la fin totale du nucléaire ont échoué dans leur stratégie.»

Durant sa campagne, M. Masuzoe a insisté sur le fait que Tokyo avait besoin d'électricité.

«Le désastre de Fukushima m'a laissé sans voix, mais réduire notre dépendance à l'énergie nucléaire doit se faire graduellement», a-t-il dit après l'annonce de sa victoire.

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