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Le pro-nucléaire Yoichi Masuzoe devient gouverneur de Tokyo

09/02/2014 07:02 EST | Actualisé 11/04/2014 05:12 EDT

Les Tokyoïtes ont élu dimanche comme gouverneur Yoichi Masuzoe soutenu par le parti pro-nucléaire au pouvoir, un choix qui privilégie les questions socio-économiques et la préparation des JO au détriment de l'opposition à l'atome.

Trois ans après l'accident de Fukushima, les habitants de Tokyo ont préféré l'ex-ministre de la Santé, politologue et ancien commentateur de télévision M. Masuzoe aux candidats antinucléaires Kenji Utsunomiya, avocat soutenu par le Parti communiste, et Morihiro Hosokawa, un ex-Premier ministre.

Un total de 16 hommes briguaient le poste vacant de gouverneur.

M. Hosokawa, chef de gouvernement entre 1993 et 1994, était tout juste sorti d'une retraite politique de 20 ans pour s'opposer à l'énergie atomique, avec le soutien d'un autre "ex", l'imprévisible Junichiro Koizumi.

"J'ai manqué de temps pour me préparer. Je n'ai pas réussi à mettre le thème antinucléaire au centre de la campagne", a reconnu M. Hosokawa dont la candidature n'a jamais décollé. Il a même été devancé à la deuxième place par M. Utsunomiya, un défenseur des libertés publiques bien implanté localement.

Si le duo Hosokawa-Koizumi et M. Utsunomiya ont bien tenté de transformer le scrutin en referendum pour ou contre l'énergie nucléaire, M. Masuzoe, lui, a préféré attirer l'attention sur la préparation des JO de 2020 et sur les enjeux économiques et sociaux, utilisant son passé de populaire ministre de la Santé de 2007 à 2009.

"Je souhaite que les jeux Olympiques et paralympiques de Tokyo en 2020 soient une réussite", a-t-il déclaré.

A l'instar du numéro 2 du Parti Libéral-Démocrate (PLD) au pouvoir, le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, s'est réjoui du choix d'un gouverneur qui est "sur la même ligne que l'équipe du Premier ministre Shinzo Abe". "C'est une très bonne chose pour Tokyo et pour le Japon", a-t-il clamé.

Favorable à plus d'énergie renouvelable

Interrogé sur l'énergie, M. Masuzoe a jugé "important de réduire peu à peu la part de l'énergie atomique". Dans le contexte post-accident de Fukushima, même le gouvernement pro-nucléaire de M. Abe concède qu'il faut diminuer le recours à cette ressource dans la production d'électricité.

"Je voudrais élever la part des énergies renouvelables à Tokyo à 20% de l'électricité produite contre 6% actuellement", a précisé M. Masuzoe.

La campagne de deux semaines a été assez poussive et les grands médias japonais n'ont cessé de donner l'avantage dans les sondages à M. Masuzoe, qui voit sa carrière couronnée à 65 ans. Il s'était déjà présenté en 1999 mais avait alors été défait par Shintaro Ishihara.

Plus de dix millions d'électeurs étaient appelés aux urnes dans 1.869 bureaux de vote, mais la participation a été faible.

Elle n'a atteint que 46,15%, en recul de plus de 16 points par rapport au scrutin précédent, couplé aux législatives, en novembre 2012.

Les observateurs craignaient avec raison un désintérêt des jeunes auquel se sont ajoutées les conséquences d'une tempête de neige sans précédent depuis un demi-siècle sur Tokyo samedi.

Les risques de glissade ont sans doute dissuadé nombre de personnes âgées, généralement les plus assidues aux élections, de sortir de chez elles, même si les abords des bureaux de vote avaient été déblayés et si la température a été plutôt clémente dimanche.

Cette élection a été convoquée à la suite de la démission en décembre de Naoki Inose, élu gouverneur fin 2012 mais chassé au bout d'un an par un scandale politico-financier.

Un autre candidat particulièrement suivi, Toshio Tamogami, est arrivé en 4e position. Cet ex-général pro-atome, limogé de l'armée de l'air pour avoir émis des opinions révisionnistes, était soutenu par l'ex-gouverneur nationaliste Ishihara.

Dès son entrée en fonction, le nouveau plus haut responsable de Tokyo devra s'atteler sans tarder à la préparation des Jeux olympiques de 2020. Les Tokyoïtes attendent aussi de lui qu'il oeuvre pour que la capitale, centre économique de 13 millions d'habitants dont le budget équivaut à celui de la Suède, réponde au défi du vieillissement de sa population et de la forte menace sismique, sans perdre son formidable pouvoir d'attraction culturel et commercial.

kap/mr

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