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JO-2014 - L'objet du jour: la pierre de curling

09/02/2014 06:19 EST | Actualisé 11/04/2014 05:12 EDT

Avec ses dix employés et son savoir-faire séculaire, la PME écossaise Kays of Scotland est l'entreprise-phare de son secteur, la pierre de curling dont elle est le fournisseur officiel des jeux Olympiques depuis toujours.

Mark Callan n'est pas peu fier des 96 pierres qu'il a apportées à Sotchi depuis Mauchline, au sud de Glasgow, .

"C'est le top de la pierre de curling. Kays of Scotland a fourni les pierres dès les premiers JO" à Chamonix en 1924, rappelle le directeur commercial de l'entreprise, lui-même joueur de curling amateur.

Le VRP écossais est assez honnête pour reconnaître que le marché des pierres de la curling n'est pas le plus concurrentiel: "Il y a nous et une entreprise canadienne qui produit des pierres qui ne répondent pas au cahier des charges de la Fédération internationale".

Kays of Scotland, fondé en 1851, doit sa domination mondiale à une petite île inhabitée de 1 km², Aisla Craig, située dans le Firth of Clyde à mi-chemin entre Glasgow et Belfast qui regorge d'un granite rare, le blue hone granit.

"C'est le seul qu'on n'ait trouvé pour qu'une pierre glisse aussi bien. La combinaison avec l'autre granite qu'on trouve sur l'île qui résiste, lui, aux chocs est parfaite", explique M. Callan.

La pierre de curling, d'un poids de 18,150 kg et d'un diamètre de 28 cm, est formée de trois éléments: la pierre avec son corps en granite vert et son dessous en granite bleu, et la poignet dotée d'un capteur électronique pour définir si le joueur a bien lâché sa pierre avant la hog-line, la zone de lâcher.

"On coupe dans des lamelles de granite vert ce qui rassemble à des meules de fromage. On évide sur 30 mm de profondeur cette boule pour fixer avec une résine spéciale la partie en granite verte qui sera la seule en contact avec la glace", détaille M. Callan.

Il faut deux heures pour façonner une pierre en incluant le patient et minutieux travail de polissage avec de l'oxyde d'étain.

Chaque année, Kays of Scotland produit entre 40.000 à 50.000 pierres (400 livres soit 480 euros l'unité) à destination de ses marchés traditionnels (Scandinavie, Allemagne, Suisse) et "de débouchés en pleine expansion comme la Russie ou la Chine".

Une nuage bouche toutefois l'horizon du N.1 mondial du secteur: le marquis d'Aisla, propriétaire de l'île du même nom sur laquelle Kays of Scotland s'est assuré à prix d'or un droit exclusif d'exploitation, veut la vendre.

"Nous venons de prélever en octobre 2500 tonnes de granites, nous sommes tranquilles pour au moins 10 ans", assure M. Callan.

jr/ep/mam

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