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Crimes sexuels: l'armée américaine envoie peu de ses membres en prison

09/02/2014 09:04 EST | Actualisé 11/04/2014 05:12 EDT

TOKYO - La plupart des militaires américains basés au Japon qui ont été reconnus coupables de crimes sexuels au cours des dernières années n'ont pas été condamnés à des peines de prison, indiquent des documents internes du département américain de la Défense.

Les coupables ont plutôt dû payer des amendes, été rétrogradés, confinés à leur base militaire ou renvoyés de l'armée, souligne-t-on dans l'évaluation de centaines de cas. Dans une trentaine d'entre eux, les mesures punitives se sont limitées à une lettre de réprimande.

Plus de 1000 documents, que l'Associated Press a obtenus en vertu de la loi américaine sur l'accès à l'information, décrivent des centaines de cas — avec de nombreux détails explicites — montrant la façon dont les hauts gradés de l'armée accusent et punissent leurs membres reconnus coupables de crimes sexuels.

Or, il s'avère que même lorsque les autorités militaires concluent qu'un crime sexuel a bel et bien été commis, le suspect ne sera pas, dans bien des cas, condamné à une peine de prison. Sur les 244 cas détaillés dans ces rapports, un tiers seulement de ces militaires ont été emprisonnés.

Les rapports, remplis de 2005 à 2013, démontrent la propension de l'armée américaine à imposer des jugements aléatoires et incohérents.

De tous les corps de l'armée, les Marines sont ceux qui ont le plus tendance à incarcérer leurs membres coupables de crimes sexuels, avec 53 militaires condamnés à une peine d'emprisonnement sur les 270 cas recensés. À l'opposé, l'armée de l'air a été la moins sévère, envoyant des lettres de réprimande à 21 coupables sur un total de 124 cas.

De façon générale, le nombre de cas d'agressions sexuelles jugés par des cours martiales a augmenté, passant de 42 pour cent en 2009 à 68 pour cent 2012, selon des données du département de la Défense. En 2012, 74 pour cent des 238 militaires reconnus coupables ont purgé des peines de prison.

Mais la tendance n'est pas représentative de la situation au Japon, où 24 pour cent seulement des allégations d'agressions sexuelles par des membres des deux corps de la marine (Navy et Marines) — soit 116 cas sur 473 — ont été traités par une cour martiale.

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