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Bosnie: plus de soldats de l'UE en cas d'escalade (haut-représentant)

09/02/2014 07:01 EST | Actualisé 11/04/2014 05:12 EDT

L'Union européenne pourrait être amenée à envoyer plus de soldats en Bosnie-Herzégovine, pays actuellement agité par d'importantes manifestations, "en cas d'escalade de la situation", a estimé dimanche le haut-représentant de la communauté internationale, Valentin Inzko (Autriche), dans un entretien au quotidien Kurier.

Le pays issu de l'ex-Yougoslavie vit "la situation la plus grave depuis la fin de la guerre", a expliqué le diplomate autrichien. "En cas d'escalade de la situation, nous devrons peut-être penser à envoyer des troupes de l'UE", a-t-il prévenu, ajoutant toutefois: "mais pas maintenant".

Près de 600 soldats sont stationnés en Bosnie-Herzégovine, au sein de l'opération Eufor-Althea sous mandat de l'ONU, dont près du tiers vient d'Autriche (195).

"Les débordements violents avec plus de 100 blessés sont à condamner fermement", a-t-il dénoncé. Le responsable dispose en tant que haut-représentant de la communauté internationale en Bosnie, de pouvoirs discrétionnaires.

Il comprend toutefois l'exaspération sociale dans ce pays des Balkans. "Les inégalités sociales ont conduit à cette situation: la révolte contre le népotisme, et l'économie des bons amis", a-t-il expliqué.

"Dans la ville industrielle de Tuzla, beaucoup de personnes diplômées n'ont pas jamais eu de travail. Lorsque les gens voient que les proches des responsables politiques ont des emplois facilement, la colère monte".

Il appelle l'Union européenne "à s'engager pour plus d'Etat de droit. Par le passé, on a trop mis l'accent sur la sécurité militaire, pas assez sur le +soft power+: l'Etat de droit, la démocratie la formation et la réconciliation."

Ex-république yougoslave, la Bosnie a été de 1992 à 1995 le théâtre d'un conflit intercommunautaire qui a fait quelque 100.000 morts.

Des manifestations contre la pauvreté, qui ont eu lieu pour le troisième jour consécutif, ont tourné vendredi à l'émeute aussi à Tuzla (nord-est), à Mostar (sud), à Zenica (centre) et à Bihac (nord-ouest).

Ces manifestations illustrent l'exaspération de la population face à une classe politique engluée dans des querelles politiciennes et incapable de redresser une économie sinistrée de ce pays ou le chômage frappe 44% de la population active.

L'accord de paix de Dayton (Etats-Unis), qui a mis la fin au conflit en 1995, a mis en place en Bosnie une structure institutionnelles très complexe ou le pouvoir est partagé entre Serbes, Croates et Musulmans et qui est quasiment en permanence en situation de blocage à cause des disputes interethniques.

tba/jh

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