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Un convoi humanitaire visé par des tirs à Homs en Syrie

08/02/2014 04:52 EST | Actualisé 09/04/2014 05:12 EDT

Un convoi humanitaire du Croissant rouge syrien et de l'ONU qui tentait de gagner la Vieille Ville assiégée de Homs, dans le centre-ouest de la Syrie, a essuyé des tirs samedi tandis que l'armée gouvernementale reprenait ses bombardements avec des barils d'explosifs sur des quartiers rebelles d'Alep, dans le Nord.

Le Croissant rouge arabe syrien a précisé qu'en violation de la trêve conclue vendredi des obus de mortier se sont abattus dans la matinée près des camions du convoi, qui ont également essuyé des tirs d'armes légères. Un conducteur a été légèrement blessé.

À la tombée de la nuit, plusieurs véhicules étaient toujours bloqués à l'intérieur de la Vieille Ville, mais le Croissant rouge a ensuite annoncé sur Twitter que ses employés et ceux de l'ONU avaient finalement pu quitter le secteur sains et saufs.

Deux camions endommagés, toutefois, ont dû être laissés sur place.

« Malgré les tirs, nous avons pu distribuer 250 colis de nourriture, 190 trousses d'hygiène et des médicaments », a précisé le Croissant rouge.

(« Une photo de la Vieille Ville de Homs où de l'aide a été distribuée [samedi]. - Croissant rouge syrien »)

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG proche de l'opposition, les tirs de mortier ont fait cinq morts, dont deux combattants rebelles, et vingt blessés dans la Vieille Ville.

La presse officielle syrienne a avancé pour sa part un bilan de quatre blessés parmi les employés du Croissant rouge.

Le gouvernement de Damas accuse les rebelles d'être responsables de cette violation du cessez-le-feu décrété pour permettre l'évacuation de civils de la Vieille Ville et la fourniture de vivres et de médicaments à la population.

Vingt morts à Alep

Pour les insurgés, ce sont les gouvernementaux qui sont à l'origine des tirs.

La décision de venir en aide à la population de Homs a été le seul résultat concret des discussions le mois dernier à Genève entre le gouvernement syrien et l'opposition, qui visent à mettre fin à un conflit qui a fait 130 000 morts en près de trois ans. Les négociations doivent reprendre lundi sur les bords du lac Léman.

Vendredi, la trêve décrétée pour trois jours a permis l'évacuation de 83 femmes, enfants et vieillards de Homs.

Dans le nord du pays, à Alep, les hélicoptères gouvernementaux ont repris leurs bombardements de quartiers rebelles avec des barils d'explosifs, une pratique dénoncée par la communauté internationale. Ces raids ont fait vingt morts, ajoute l'OSDH.

Des centaines de personnes ont été tuées par ces barils d'explosifs depuis le début de l'année dans la grande ville du Nord. Ces attaques ont également fait fuir des milliers de civils.

L'OSDH fait également état de violents combats samedi entre groupes islamistes rivaux dans la province de Daïr az Zour, dans l'est du pays.

Le Front Al-Nosra, lié à Al-Qaïda, et le groupe Ahrar al-Cham affrontent dans cette région les djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), notamment pour le contrôle des installations pétrolières. Ces affrontements ont fait au moins vingt morts, dit l'OSDH.

À Yarmouk, dans les faubourgs de Damas, les Nations unies ont dû suspendre samedi leur distribution d'aide à la population civile en raison des combats. Depuis la mi-janvier, plus de
6000 colis de vivres ont été distribués dans ce quartier assiégé par l'armée où vivent principalement des réfugiés palestiniens.

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